Intense. C’est ainsi qu’Emmanuel Chiva, le délégué général à l’armement a qualifié l’année 2024 aussi bien pour les livraisons d’équipements aux armées, que pour les commandes ou encore les contrats à l’exportation. Il s’exprimait le 30 avril 2024 à l’occasion de la publication du bilan annuel 2024 de la Direction générale de l’armement (DGA).
Les trois armées ont en effet reçu de nombreux équipements en 2024. Parmi ceux-ci : 12 canons Caesar, 150 engins blindés Griffon, 8000 fusils d’infanterie pour l’armée de terre ; 14 Rafale, 2 avions de transport militaires A400M, des missiles de défense sol-air courte portée MICA pour l’armée de l’air ; 1 sous-marin nucléaire d’attaque, des missiles antinavires Exocet, 1 drone de surface pour lutter contre les mines pour la Marine nationale.
«Nous sommes dans ce contexte d’instabilité globale à la fois d’un point de vue géopolitique et également d’un point de vue économique, a reconnu Emmanuel Chiva. Et pourtant, nous avons été au rendez-vous de la loi de programmation militaire (LPM)».
L’an dernier, la DGA a ainsi procédé pour 21,7 milliards d’euros de paiement en 2024 à ses principaux fournisseurs. Cet effort s’inscrit dans le cadre de loi de programmation militaire (LPM) qui bénéficie d'un budget de 413 milliards d’euros sur la période 2024-2030, en hausse de 40% par rapport à la période précédente 2019-2025.

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7 Avril 2026
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Mars 2026
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Des industriels de l'armement réactifs
Le bilan annuel reconnait les efforts réalisés par les industriels de l’armement pour répondre à l’effort d’économie de guerre. Ainsi sous sa houlette de la DGA, les 9 grands groupes de la base industrielle de défense (Airbus Defence and Space, ArianeGroup, Arquus, Dassault Aviation, KNDS France, MBDA, Naval Group, Safran, Thales) ainsi que les 4500 PME, ETI et start-up totalisant 220000 emplois, ont accéléré leurs cadences de production.
Safran a quadruplé la production des bombes AASM pour le Rafale entre 2022 et 2024, MBDA a quadruplé la production de missiles Mistral entre 2022 et 2025, Thales a divisé par 3 le temps de production des radars militaires de 18 à 6 mois, KNDS a réduit les délais entre la commande et la livraison de canons Caesar de 30 à 15 mois.
La DGA s’est félicitée de la réactivité dont on fait preuve certains industriels quand la situation l’exigeait. Comme Safran qui a su adapter son viseur panoramique de tir longue portée, le PASEO. Conçu à l’origine pour équiper les véhicules terrestres, l’industriel en partenariat avec Naval Group l’a adapté aux frégates de la Marine nationale en temps record afin d’accroitre leur sécurisation face aux menaces rencontrées en Mer Rouge. «On a pu réagir tout de suite. Le marché a été passé en une semaine. La première commande est arrivée la semaine qui a suivi. On a pu ainsi équiper la première frégate début 2024», précise l’ingénieur en chef de l’armement Phillippe Sigaud. Le reste de la flotte a pu être équipée dans les mois qui ont suivi avec ce type de viseurs. Pour sa part, la PME toulousaine Delair a su livrer des drones et munitions téléopérées dans des délais très courts pour soutenir l’effort des forces ukrainiennes.
Une dissuasion qui n'est pas dépendante de la chine
Autre motif de satisfaction pour 2024, le niveau des contrats remportés auprès des armées étrangères. L’année 2024 a été la deuxième meilleure année en termes d’exportation. Grâce à la vente de Rafale (Indonésie et Serbie) et sous-marins (Pays-Bas, Indonésie), les prises de commandes auprès de pays étrangers ont atteint 18 milliards d’euros.
Perte de Vencorex : quelles conséquences ?
Dans sa mission de surveillance des fournisseurs critiques de l’armement, la DGA est revenue sur le cas du chimiste isérois Vencorex, fournisseur pour la dissuasion nucléaire dont une petite partie de l'activité vient d’être repris par le groupe chinois Wanhua. «Quand on dit que la dissuasion française est dépendante de la Chine, je le dis et redis, c’est faux», a précisé Emmanuel Chiva. Selon lui, le ministère des armées s’est organisé pour faire des stocks qui permettent de répondre aux impératifs de la propulsion pour la composante océanique de la dissuasion. «Nous avons les stocks suffisants et nous avons mis en place les mécanismes adéquats pour nous permettre de nous prémunir de toute rupture de capacités et de toute dépendance à l’étranger dans un domaine aussi sensible qu’est la dissuasion ».



