Emmanuel Macron veut plus de Rafale et plus vite

A l’occasion de son déplacement sur la base militaire de Luxeuil Saint-Sauveur le 18 mars, le président de la République a indiqué que l’Etat allait accroître les commandes de Rafale. De quoi mettre une pression supplémentaire sur Dassault Aviation pour accélérer la production de son avion de combat.

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AFP NE PAS REUTILISER Macron Rafale 18 mars 2025
Sur la base aérienne de Luxeuil Saint-Sauveur (Haute-Saone), Emmanuel Macon a promis de faire dans les prochaines semaines des annonces de réengagement, d'investissement pour aller encore plus loin que l'effort de réarmement entrepris durant ces sept dernières années.

Plus de Rafale pour l'armée française et plus vite. A l’occasion de son déplacement sur la base aérienne 116 à Luxeuil Saint-Sauveur (Haute-Saône) le 18 mars, le président de la République, entouré d’un parterre de pilotes de chasse et de mécaniciens, a annoncé de nouvelles commandes de Rafale au profit de l’Armée de l’air. «C'est un impératif dans le contexte actuel. C'est aussi un choix naturel pour intégrer l'effort des aviateurs vis-à-vis de l'Ukraine avec la cession de nos Mirage, a justifié Emmanuel Macron. Oui, nous allons accroître et accélérer les commandes de Rafale».

Au 1er janvier 2025, l’Armée de l’Air disposait de 100 Rafale et de 91 Mirage 2000 (version 2000 B, 2000 D et 2000-5). Le ministre des Armées Sébastien Lecornu avait déjà fait état en février d’un besoin de 20 Rafale supplémentaires.

L'intervention présidentielle s’inscrit dans un contexte de réarmement global des armées et d’augmentation des budgets de défense des pays européens. Devant le ministre et le chef d’Etat-major des armées, le président a rappelé que le budget des armées aura doublé au terme des deux dernières lois de programmation militaire (LPM).

Emmanuel Macron estime désormais qu’il faudra faire encore plus. Faisant le constat d’une Russie devenue une menace pour l’Europe et la France, le président avait indiqué à l’occasion d’une allocution télévisée le 5 février dernier, que des investissements supplémentaires allaient devenir indispensables.

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Dassault Aviation rattrapé par l'économie de guerre

En début d’année, il a missionné le SGDSN (Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale), avec l’appui du ministère des Armées, afin de procéder à l’actualisation d’ici au mois de mai de la revue nationale stratégique. Ce document évalue l’état de la menace militaire sur le pays et propose des actions nécessaires au niveau opérationnel et capacitaire pour s’y adapter. «Ces travaux me conduiront dans les prochaines semaines à faire des annonces de réengagement, d'investissement pour aller encore plus loin que l'effort entrepris durant ces sept dernières années», a précisé le président.

Quel sera le coût du réarmement tricolore ? La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit déjà un budget des armées en croissance pour passer de 50,5 milliards en 2025 à 68 milliards d’euros en 2030. Désormais, au vu du contexte géopolitique actuel,  le ministère estime que l’armée devrait disposer à terme d’un budget d’environ 90 milliards d'euros par an.

Cette annonce de Rafale supplémentaires met la pression sur Dassault Aviation et sa chaîne d’assemblage à Mérignac (Gironde). Avec déjà 220 avions en carnet de commandes, l’avionneur multiplie les efforts pour augmenter ses cadences de production. Dassault est en train de passer de deux à trois appareils livrés par mois. Début mars, il indiquait anticiper même un rythme supérieur, à quatre voire cinq livraisons mensuelles... en cas de nouvelles commandes. L’économie de guerre l’a rattrapé plus vite que prévu.

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