Un consortium d’industriels et d’opérateurs gaziers déploie un vaste projet de captage de CO2 dans le Grand Ouest

TotalEnergies, Lhoist, Lafarge, Heidelberg Materials, GRTgaz et Elengy ont annoncé lundi 10 juillet le lancement de GOCO2, un projet de captage et de transport de CO2 d’origine industrielle des Pays de la Loire et de Nouvelle-Aquitaine. Le consortium prévoit de récolter et de stocker jusqu’à 4 millions de tonnes par an de CO2 en 2050, soit 75% des émissions industrielles du Grand Ouest à cette date.

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Usine Lafarge de Saint-Pierre-la-Cour
Le projet s’inscrit dans la «stratégie de captage, d’utilisation et de séquestration du carbone» du gouvernement et dans l’appel à projet «zones industrielles bas carbone» de l’ADEME.

Pour respecter l’objectif principal de l’accord de Paris sur le climat - limiter à moins de 1,5 degrés le réchauffement planétaire - il ne suffit pas, selon le Giec, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit également d’éliminer du CO2 de l’atmosphère. Et c’est ce que comptent faire TotalEnergies, Lhoist, Lafarge, Heidelberg Materials, GRTgaz et Elengy. Ces industriels et opérateurs gaziers ont annoncé lundi 10 juillet lancer GOCO2, un projet de captage et de transport de CO2 d’origine industrielle des Pays de la Loire et de Nouvelle-Aquitaine, dont le montant d’investissement n’est pas connu.

Concrètement, le dioxyde de carbone prélevé directement à la sortie des usines sera acheminé par canalisation «jusqu’au terminal d’export maritime de Saint-Nazaire à destination des zones de stockage géologique permanent», précise un communiqué. Celles-ci auront une capacité estimée à 2,6 millions de tonnes de CO2 par an à l’horizon 2030.

4 millions de tonnes par an de CO2 en 2050

Pour les six entreprises, il s’agira du projet de décarbonation le plus important de l’ouest de la France en volume de CO2 capté et transporté. Ces dernières prévoient de récolter et de stocker jusqu’à 4 millions de tonnes par an de CO2 en 2050, ce qui représenterait 75% des émissions industrielles du Grand Ouest à cette date. Cela s'effectuera «en complément d’actions d’évitement et de réduction des émissions de CO2» soulignent-elles.

Le consortium précise également que son projet s’inscrit à la fois dans la «stratégie de captage, d’utilisation et de séquestration du carbone» du gouvernement, lancée dans le cadre de «France 2030», qui vise à soutenir le développement de ces technologies, et dans celui de l’appel à projet «zones industrielles bas carbone» de l’ADEME.

GOCO2 pourra bénéficier des infrastructures existantes du Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire qui soutient, tout comme les régions Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine, le projet. Les sociétés estiment que GOCO2 constituera «un atout pour attirer de nouveaux sites industriels sur le territoire en offrant un accès à une infrastructure de décarbonation».

S’il est vu comme une solution miracle pour certains, le captage, le transport et le stockage de dioxyde de carbone est également très critiqué, notamment par les ONG environnementales qui estiment que les coûts liés au large déploiement de ces technologies sont trop élevés et qu’il faut privilégier la réduction drastique des émissions de CO2 pour limiter le réchauffement climatique.

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