Pas de mauvaise surprise pour les militaires. Le projet de loi de finances 2024 respecte les engagements de la Loi de programmation militaire 2024-2030 votée par le parlement le 13 juillet dernier. Comme convenu, les armées vont bénéficier l’an prochain d’un budget historique de 47,2 milliards d’euros, soit une hausse de 3,3 milliards d’euros par rapport à l’année précédente. «Au total, le budget des armées aura augmenté de près de 50% entre 2017 et 2024» se félicite-t-on du côté du ministère. Malgré cette augmentation, l’effort de la France n’atteint pas encore les 2% du PIB, soit la recommandation de l’Otan.
L’achat d’équipements représente l’essentiel de ce budget (59%), devant la masse salariale (29%), le fonctionnement (10%) et le financement des opérations extérieures et des missions intérieures (2%).
Côté équipements, l’année 2024 s’annonce ainsi très riche également pour les trois armées. La Marine nationale va recevoir une frégate de défense et d’intervention ainsi qu’un sous-marin nucléaire d’attaque ; l’armée de l’air 13 Rafale, deux A400M et un satellite espion .et enfin l’armée de Terre 138 véhicules blindés Griffon et 103 véhicules blindés Serval ainsi que 8000 fusils d’assaut HK4.
Le financement du soutien à l’Ukraine n’est pas inscrit dans le PLF comme le prévoit l’article 7 de la LPM. Toutefois le conflit a des conséquences sur le budget. Près de 1,5 milliard d’euros sont consacrées à reconstituer le stock de munitions (missiles moyenne portée, missiles d’interception Air-Air Mica…) dont une partie a été cédée aux forces ukrainiennes.

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Modernisation de la dissuasion nucléaire
L’augmentation du budget permettra de moderniser la dissuasion nucléaire qui va bénéficier de 750 millions supplémentaires par rapport à 2023. Un effort financier du même ordre va permettre aussi d’augmenter les heures d’entrainement des soldats grâce à une meilleure maintenance des matériels. Ce point avait cristallisé les critiques au moment des discussions sur la LPM. En juillet dernier, Christian Cambon, le président de la commission de la Défense avait cité les exemples des régiments de chars blindés Leclerc qui ne fonctionnent qu’à 50% de leur potentiel du fait soit du manque de munitions à disposition soit de la disponibilité des véhicules, ou encore des pilotes de Rafale dont les heures de vol d’entrainement sont réduites quasiment de moitié par rapport aux normes Otan.
L’effort consacré à l’innovation se maintient à un niveau élevé, soit 1,2 milliard d’euros. Selon le ministère des Armées, il s’agit de faire face aux ruptures technologiques (technologies quantiques, missiles hypersoniques…). Le guerre dans l’espace s’affirme comme l’une des priorités du ministère avec une enveloppe de 600 millions d’euros dédiée à l’espace contre 400 millions pour les drones et les robots, 300 millions pour la cyber et 250 millions pour la défense sol-air.
Le PLF prévoit également une augmentation nette des effectifs de 456 personnes. Le ministère reconnaît qu’il est de plus en plus difficile d’attirer de nouvelles recrues et de fidéliser le personnel en place. Pour faire face à ce défi, les salaires seront revus à la hausse en particulier dans les métiers en tension (dissuasion, renseignement, cybersécurité, soutien aux exportations…).



