Une paralysie totale. Voilà la situation à laquelle semble aujourd'hui être confronté le marché automobile français, englué dans des crises aussi multiples que profondes. Selon les chiffres publiés mercredi 1er juin par la Plateforme automobile (PFA), 126 813 voitures neuves particulières ont été vendues au cours du mois de mai 2021, ce qui représente une baisse sur un an de 10,1% et un douzième mois consécutif dans le rouge. Sur les cinq premiers mois de l'année, la chute s'établit d'ailleurs à 16,9% (600 897 immatriculations). Les mesures sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19, la pénurie mondiale de semi-conducteurs et la guerre en Ukraine continuent de peser fortement dans la balance.
Opel et Fiat se redressent
Stellantis, leader en France, se situe dans la moyenne du tableau avec une diminution des ventes de 9,8% (40 034 immatriculations). Sa marque phare Peugeot affiche d'ailleurs une trajectoire similaire (-8,3% sur un an), avec 20 741 véhicules écoulés. La dégringolade est plus rude du côté de Jeep, Citroën et Alfa Romeo, qui reculent respectivement de 24,1% (633 unités), de 29,5% (8 672) et de 39% (97). Le groupe peut heureusement compter sur les belles performances de DS, Opel et Fiat, qui progressent à l'inverse de 7,1% (1 789 immatriculations), de 18,6% (3 884) et de 19,7% (4 213) et lui permettent de stabiliser sa part de marché (31,6% contre 31,5% en mai 2021).
Situation analogue du côté de Renault, son principal rival. Le groupe a enregistré 32 957 immatriculations, soit 7,5% de moins sur un an, mais sa part de marché parvient à passer de 25,3% à 26%. Comme depuis de nombreux mois, le constructeur Renault est à la peine (-12,2%, avec 22 983 unités) et c'est Dacia qui redresse la barre. La marque roumaine a en effet écoulé 9 781 voitures neuves particulières, une hausse annuelle de 4,2%. Alpine peut se targuer d'une croissance bien plus éclatante (+164,4%), mais ses volumes sont nettement plus faibles (193 immatriculations).
Tesla s'écroule
Avec 7 453 ventes, le japonais Toyota affiche une trajectoire similaire aux deux géants français (-7,7%). Derrière, l'écart se creuse. Les immatriculations de son compatriote Suzuki baissent de 23,9% (1 200 unités) et celles du poids lourd Volkswagen de 29,4% (15 956). Même si sa part de marché chute de manière considérable (12,6% contre 16% en mai 2021), l'allemand reste fermement accroché à la troisième place du classement. Les chiffres sont encore plus préoccupants chez Geely et Tata, propriétaires de Volvo et de Jaguar Land Rover. Le premier s'effondre de 62,4% (580 voitures neuves) et le second de 57% (308). Enfin, c'est au champion de l'électrique Tesla que revient la pire déconvenue du mois : ses ventes ont été amputées de 92,8% (!) sur un an (152 immatriculations), en raison de la reprise de l'épidémie en Chine.
Dans ce marché moribond, certains constructeurs réussissent malgré tout à tirer leur épingle du jeu. Les allemands BMW et Daimler et l'américain Ford font partie de ceux qui regagnent peu à peu de terrain, grâce à leurs 6 431 (+5,2%), 4 363 (+7,3%) et 4 123 ventes (+8,9%). Si le sud-coréen Hyundai continue son ascension avec une augmentation annuelle de 23,1% (8 394 immatriculations), Nissan parvient à lui faire de l'ombre grâce à son envolée de 60,8% (2 264). Même si la marque est loin derrière en termes de volumes (282 unités), Mitsubishi décroche quant à lui la plus belle performance du mois de mai : +257% sur un an.



