Traité pollution plastique : Nice appelle au réveil... sans les Etats-Unis, ni la Chine

Près de cent pays ont signé, à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan organisée à Nice, un appel en faveur d’un traité ambitieux contre la pollution plastique. Les ultimes négociations se tiennent cet été à Genève, en Suisse. 

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Une petite centaine de pays insistent dans l'Appel de Nice sur cinq points fondamentaux pour éliminer la pollution plastique en vue des négociations estivales de Genève sur un potentiel traité international contraignant.

Huit semaines avant d’ultimes négociations, 95 pays ont signé le 10 juin “The Nice wake up call for an ambitious plastics treaty” ou "Appel de Nice en faveur d’un traité ambitieux contre la pollution plastique” comme le dénomme le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. 

Ce sont plus de la moitié des 170 pays participants depuis 2022 aux pourparlers destinés à établir un Traité international contraignant contre la pollution plastique qui lancent un “signal fort au reste du monde”. Une expression employée par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (Unoc) organisée par la France et le Costa Rica du 9 au 13 juin 2025 à Nice. 

Un événement international dont a d’ailleurs profité le 7 juin le président de la République, Emmanuel Macron, pour appeler à “continuer le combat sur la consigne” pour recyclage des bouteilles en PET et des canettes (lire l’article d’Emballages Magazine)... 

Cinq points essentiels

Une petite centaine de pays qui insistent donc dans cet “Appel de Nice” sur cinq points jugés fondamentaux pour éliminer la pollution plastique. “Bien que tous les éléments du projet de traité soient importants, nous pensons que les cinq points suivants sont essentiels pour parvenir à un accord à la hauteur des conclusions de la science et des revendications de nos citoyens”, avancent les signataires dans le texte

En tête de liste : l’adoption d’un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation de polymères plastiques primaires. “Des pays essayent de nous faire croire que c'est en agissant sur la collecte, le tri et le recyclage que nous allons mettre un terme à la pollution plastique", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, citée par l’AFP.  Des pays essentiellement producteurs de pétrole comme l’Arabie Saoudite, la Russie ou encore l’Iran, opposés à toute limitation de la production mondiale. Pas sûr qu’ils souscrivent à la demande d’une “obligation pour les parties de rendre compte de leur production, de leurs importations et de leurs exportations de polymères plastiques primaires, et de prendre des mesures tout au long du cycle de vie des plastiques pour atteindre l’objectif mondial”...

Deuxième point souligné : la mise en place d’une obligation juridiquement contraignante pour éliminer progressivement les produits plastique les plus problématiques et les substances chimiques préoccupantes, en en élaborant une liste mondiale appelée à évoluer en fonction des COP (Conférence des parties) qui pourraient être organisées régulièrement si les négociations aboutissent. Une éventualité déjà plus qu’incertaine avant le retour de Donald Trump et des pailles en plastique aux Etats-Unis, un des principaux fabricants de polymères dans le monde avec la Chine notamment.

L’Appel de Nice appelle ainsi à “la possibilité d'une prise de décision, par le biais des procédures habituelles des Nations Unies, si tous les efforts pour parvenir à un consensus ont été épuisés”.

La troisième demande concerne l’écoconception : “Améliorer, par une obligation contraignante, la conception des produits plastique et s’assurer d’un impact environnemental minimal et qui protège la santé humaine”.

De Nice à Genève

“Se doter d’un mécanisme financier à la hauteur de l'ambition du traité” constitue le quatrième point, plus qu’ardu, du texte tandis que le cinquième réclame un engagement en faveur d’un traité efficace et ambitieux pouvant être adapté en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques.

"A moins de deux mois d’une session cruciale de négociations sur le traité plastique, près de 100 pays s’unissent pour réaffirmer leur détermination à apporter une réponse à la hauteur de l’enjeu. C’est un puissant signal d’espoir.", estime l’ambassadrice déléguée à l’Environnement, Barbara Pompili. 

Après l’échec du cinquième Comité intergouvernemental de négociation (INC-5) de Busan en Corée du Sud, une ultime “session de rattrapage” (CIN-5.2) est organisée à Genève en Suisse du 5 au 14 août 2025.

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