Total convertit Grandpuits à la chimie verte

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Même les syndicats ne le contestent pas, c’est un grand projet industriel qu’a présenté Total pour Grandpuits (Seine-et-Marne), le 24 septembre. La dernière raffinerie d’Ile-de-France s’arrêtera en 2021 pour être transformée en plate-forme « zéro-pétrole », après un investissement de plus de 500 millions d’euros.

D’ici à 2024, elle produira des agrocarburants pour le transport aérien (170 000 tonnes annuelles, à mélanger au jet-fuel), du biodiesel routier (120 000 tonnes) et du bionaphta (50 000 tonnes) pour les bioplastiques. Ces produits seront raffinés à partir d’huiles de cuisson et de graisses animales (70 %) additionnées d’huiles végétales. Notamment du colza local et pas d’huile de palme, précise Total. À dire vrai, la sécurisation de l’approvisionnement en huiles usagées et graisses reste à finaliser.

Mais Grandpuits ne se contentera pas de devenir une « La Mède nouvelle génération », la seule raffinerie qui rapporte de l’argent à Total. Le site accueillera aussi la première usine européenne de PLA, un bioplastique à base de sucre compostable industriellement. Total n’est pas peu fier d’avoir convaincu Corbion, son partenaire dans le PLA en Thaïlande, de monter en France cette unité d’une capacité de 100 000 tonnes. Avec Plastic Energy (40 % des parts), Total construira enfin la première usine française de recyclage chimique (par pyrolyse) des plastiques. Plastic Energy en opère deux de 6 000 tonnes en Espagne. Celle-ci pourra transformer 15 000 tonnes de déchets de polyéthylène (à près de 90 %), de polypropylène et de polystyrène pour revenir à leur équivalent vierge, indispensable pour obtenir le grade alimentaire. Le dépôt de produits pétroliers de Gargenville (Yvelines) deviendra en 2023 un site de mélange pour le biocarburant aérien, et les deux sites accueilleront des centrales photovoltaïques.

Si Total s’engage à « conduire ce redéploiement industriel sans aucun licenciement », Grandpuits ne conservera que 250 de ses 400 emplois, les autres étant reclassés ou partants (retraites et départs volontaires). La CGT et la CFDT, qui dénoncent l’impact sur l’emploi indirect, ne sont pas pleinement rassurées par l’engagement de conserver 200 des 300 emplois de sous-traitance, et seront vigilantes sur les trajectoires individuelles et la formation à ces nouveaux métiers. « Certains craignent d’arrêter le raffinage, d’autres le souhaitent. Même chez les pétroliers, il y a des gens qui ont une sensibilité écologique », rappelle le délégué syndical central CFDT, Geoffrey Caillon.

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