Le groupe automobile Stellantis, né mi-janvier de la fusion entre PSA et FCA, a réalisé sur les trois premiers mois de l'année un chiffre d'affaires de 36,999 milliards d'euros grâce à des best-sellers très rémunérateurs comme le Peugeot 3008 ou le nouveau Chrysler Voyager. En volume, les ventes ont progressé de 12% à 1,618 million de véhicules malgré la perte en production de 190.000 unités liée à la crise des puces (soit 11% de la production environ). L'impact devrait être plus lourd encore au deuxième trimestre, avant une amélioration espérée au second semestre. "Bien que nous nous attendions à ce que le problème de la chaîne d'approvisionnement en puces s'atténue d'ici la fin de l'année, on ne peut pas clairement affirmer qu'il sera entièrement résolu en 2021", a dit le directeur financier Richard Palmer au cours d'une téléconférence de presse. "Il est possible que pour l'industrie automobile mondiale, le problème déborde sur 2022."
Importantes économies d'échelle attendues
La crise des puces a renforcé la stratégie de Carlos Tavares visant à mettre l'accent sur les produits les plus rémunérateurs, comme l'a montré le choix de privilégier le SUV 3008 sur la berline 308 en fin de vie pour l'approvisionnement de puces dernier cri. Stellantis compte aussi toucher cette année les fruits des économies qu'il va réaliser sur le contrat de pooling de CO2 conclu entre Tesla et FCA, et dont il compte se passer en Europe dès cette année. Le rapprochement entre le constructeur français et son concurrent italo-américain doit permettre d'importantes économies d'échelle qui aideront à financer les investissements requis par la course effrénée à l'électrification, et à l'ex-PSA à accélérer son internationalisation grâce aux positions de l'ex-FCA en Amérique du Nord et latine.
Leadership en Europe
Au premier trimestre, le nouveau Stellantis revendique ainsi la position de leader en Europe avec une part de marché de 23,6%, ainsi qu'en Amérique du Sud (22,2%). "La fusion des deux entreprises a forgé une activité qui a une forte présence dans ses trois régions principales", a indiqué Richard Palmer, soulignant au passage que la crise des puces, venue s'ajouter à celle du coronavirus, n'avait pas freiné le rapprochement entre PSA et FCA et que le nouveau groupe était en ligne avec ses objectifs de synergies. "Le plan d'intégration avance extrêmement positivement, c'est un secteur dur et nos équipes sont habituées à gérer la complexité", a-t-il ajouté.
Avec Reuters (par Gilles Guillaume et Giulio Piovaccari, édité par Blandine Hénault)


