Alors que les usines de Stellantis subissent de plein fouet les pénuries de puces, le constructeur né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler reste résolument tourné vers l'avenir. Dans un communiqué publié lundi 24 août, le groupe a officialisé le lancement de Mobile Drive, une coentreprise détenue à parts égales avec une filiale du groupe taïwanais Foxconn, FIH. "A la création de Stellantis, j’avais indiqué que nous mettrions le logiciel et l’expérience client au cœur du groupe […] C’est exactement ce que nous préparons avec Foxconn", avait insisté le directeur général Carlos Tavares, lors d’une présentation en ligne après la signature le 18 mai d'un protocole d'accord.
Dans le cadre de cette alliance, les groupes vont plancher sur le développement de cockpits innovants et de services connectés personnalisés. Mobile Drive prévoit de mettre au point des "solutions d’info-divertissement et de télématique, ainsi qu'une plateforme de services de type cloud" ainsi que des "applications basées sur l’intelligence artificielle, la navigation, l’assistance vocale, les opérations de e-commerce et l’intégration des services de paiement", précise le communiqué.
Ouvert à tous les constructeurs
Des innovations qui profiteront aux 14 marques de Stellantis, à la seule condition de remporter les appels d'offres comme n'importe quel autre fournisseur. Mais Fiat, Peugeot, Jeep et Maserati (entre autres) ne seront pas les seules marques à profiter des apports de Mobile Drive, puisque la structure opérera en effet comme un équipementier automobile. "Nous avons l'intention d'ouvrir la coentreprise à tous les constructeurs. C’est fondamental pour en assurer la compétitivité", avait justifié Yves Bonnefont, en charge du logiciel au sein du constructeur. Les premières solutions de Mobile Drive, dont le siège sera basé aux Pays-Bas (comme pour Stellantis), devraient arriver rapidement sur le marché. Des ingénieurs sont déjà mobilisés sur le projet.

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C’est que Foxconn et Stellantis entretiennent des liens depuis plus d’un an : il ont ainsi développé le concept-car Airflow Vision présenté au CES en 2020. A cette même date, l’ex-groupe FCA avait aussi indiqué être en discussion avec Foxconn en vue de la création d’une coentreprise dédiée aux véhicules électriques, et qui devait se concentrer sur la Chine, talon d’Achille du constructeur. Un défi toujours d’actualité pour Stellantis, qui ne vend que quelques centaines de milliers de voitures dans le pays.
L’auto à fond sur le logiciel
Ces liens existants expliquent que Stellantis ait choisi de s'allier avec Foxconn sur le logiciel. "Nous voulons aller vite grâce à une équipe déjà structurée, et apporter le meilleur niveau d’expertise", avait indiqué Yves Bonnefont. Stellantis veut capitaliser sur le savoir-faire du groupe taïwanais, connu pour être le principal assembleur de l’iPhone d’Apple, dans l’électronique grand public. Renault a aussi récemment annoncé la création d’un écosystème ouvert, la Software République.
A l’inverse, Volkswagen est déterminé à développer en interne ces compétences. Depuis son QG allemand, le groupe a créé en 2020 une division indépendante, Car.Software. Cette initiative vise à permettre à Volkswagen de faire passer de 10% actuellement, à 60% en 2025 la part des logiciels conçus en interne. 10 000 experts devraient travailler terme dans cette structure. 7 milliards d’euros devraient être investis d’ici à 2025 pour accompagner Car.Software dans ses travaux.
Les grandes ambitions de Foxconn
Pour Foxconn, cette annonce est une nouvelle illustration de sa volonté de se diversifier dans le marché automobile. Le groupe veut notamment s’imposer dans le secteur comme "le système Android des véhicules électriques", grâce à une plateforme ouverte où ses futurs clients pourront piocher librement ce qu’ils souhaitent pour construire leurs véhicules.
Avant ce rapprochement fort avec Stellantis, Foxconn avait annoncé début mai s’être allié au constructeur nord-américain Fisker pour plancher sur un véhicule électrique abordable dont le prix d’entrée serait inférieur à 30 000 dollars, soit environ 25 000 euros. Dans un communiqué, Fisker avait dit vouloir produire 250 000 unités par an de ce nouveau modèle dans plusieurs sites. L’assemblage devrait débuter au quatrième trimestre 2023 aux Etats-Unis. Foxconn entretient également des liens avec la start-up chinoise Byton, et le géant Geely. Avec ce dernier, propriétaire de Volvo et actionnaire majoritaire de Daimler, Foxconn a créé en début d’année une coentreprise visant à proposer aux fabricants de voitures des services de sous-traitance.



