Servir pour gagner plus, le credo de Renault dans les mobilités

Avec sa nouvelle marque Mobilize, Renault s'est lancé dans la vente de kilomètres et non plus celle de véhicules. Un changement de paradigme pour les constructeurs automobiles. 

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
Avec Mobilize, Renault veut réaliser 20% de son chiffre d’affaires en 2030. Cette entité développe une gamme de services, dont le stockage d’énergie. (© O. Martin Gambier - Renault)

Vendre une voiture, attendre quinze ans sa fin de vie et espérer revoir le client. La plupart des groupes automobiles le reconnaissent : ce modèle est dépassé. Désormais, « les constructeurs veulent générer des revenus tout au long de la durée de vie du produit », résume Philippe Houchois, analyste financier chez Jefferies. Renault considère les services comme un gigantesque réservoir de valeur. En 2030, l’entreprise souhaite tirer 20 % de son chiffre d’affaires grâce à Mobilize, sa nouvelle marque fourre-tout dédiée à ces nouvelles activités. « Nous ne vendons aucun véhicule. Nous vendons de l’usage », expliquait en 2021 Jean-Christophe Labarre, le directeur de la stratégie de Mobilize. Le champ d’action est vaste : services financiers, autopartage, solutions de recharge, livraison du dernier kilomètre...

Les équipes de Mobilize se penchent particulièrement sur le marché de l’énergie. L’électrification du parc automobile va amener Renault à gérer des volumes importants de batteries. « Nous allons diminuer, voire annuler, le coût du recyclage grâce aux revenus générés par la deuxième vie de la batterie », assure Amaury Gailliez, le directeur des opérations batterie chez Mobilize. Dans la lignée de Tesla, Renault développe des solutions de stockage stationnaire avec des batteries automobiles installées dans des conteneurs. « Quand il y a une forte demande, nous pouvons relâcher de l’énergie que nous avons stockée dans nos batteries », explique Amaury Gailliez.

Sur le volet mobilité, la marque revendique déjà une flotte de 8 000 véhicules et compte atteindre 150 000 unités en 2030. L’échec d’Autolib’ à Paris rappelle toutefois la difficile rentabilisation de l’autopartage. « Lorsqu’un constructeur propose des véhicules à la demande, il doit assumer le coût de la non-utilisation », confirme Philippe Houchois. « C’est un changement complet du modèle économique du constructeur automobile, juge de son côté Éric Kirstetter, du cabinet Roland Berger. Personne ne sait vraiment comment passer à grande échelle sur ce nouveau modèle. » Charge à Renault d'y parvenir.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs