[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]
"Les Français aiment la bagnole" constatait le président Pompidou dans les années 70. De 1955 à 1975, la France est devenue l’un des leaders de l’industrie automobile. C’était il y a tout juste 50 ans, et cela nous semble une éternité ! Depuis, la balance commerciale automobile française est devenue déficitaire et en 2020 la production en France va atteindre un point historiquement bas.
Est-il encore possible de produire et d’exporter des composants automobiles en France? Oui, chaque jour les salariés de Lisi Automotive s’y emploient en Franche-Comté, en Normandie ou en Ile-de-France. Est-ce simple? Non. Et la crise pourrait tendre les relations, déjà rugueuses, entre fournisseurs et constructeurs. Quels sont, alors, les facteurs clés de succès pour maintenir une production compétitive en France? Ils sont de trois ordres.
1. Une offre de produits à haute valeur ajoutée, intégrant différenciation par l’innovation

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
Le gouvernement a annoncé vouloir relocaliser en France une filière forte contribuant à l’électrification des véhicules. Une politique publique de soutien volontariste dans la durée pourrait nous permettre de redevenir un pays de production de composants et d’automobiles notamment dans le cadre de la transition énergétique.
Pour éviter un ralentissement des efforts de R&D en cette période de crise, il est nécessaire d’inscrire sur une période de cinq ans le dispositif de soutien à la R&D pour un montant pluriannuel de 750 M€, afin d’investir dans les nouvelles technologies définies dans la feuille de route du CORAM. Ce soutien doit être ouvert à toutes les entreprises de la filière, PME, ETI, grandes entreprises. Dans ce cadre, le CIR doit aussi être sacralisé pour maintenir sur notre sol les centres de R&D des technologies de demain.
2. Un haut niveau d’automatisation, robotisation, digitalisation
De nombreuses usines françaises, notamment au sein des PME/PMI présentent encore un retard en robotisation et digitalisation par rapport à leurs concurrents notamment d’Europe du Nord. Pour combler ce retard, il faut reconduire sur 2021 et 2022 le fonds de modernisation et de soutien à l’investissement "productif" de l'automobile à hauteur de 200 M€ par an. Ce fonds, débloqué en juin 2020, doit demeurer accessible à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, avec un processus simplifié de sélection des dossiers.
3. Un personnel formé, compétent et engagé
Pour réduire les pertes d’emplois et accompagner les salariés impactés par les mutations, il va falloir recourir à tous les outils mis à disposition (activité partielle de longue durée, soutien à la formation, GPEC). Pour mobiliser nos salariés, un développement des dispositifs d’intéressement et de participation attractifs, et avec un taux minimal de charge pour les entreprises, est souhaitable.
Concrètement, il faudrait que les sommes versées par les entreprises au titre de l’intéressement ne soient plus assujetties au forfait social qui s’élève à 20%, et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise. Aujourd’hui, seules les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient de son exonération depuis le 1er janvier 2019. Cette mesure devrait encourager la signature de nouveaux accords d’intéressement des salariés à la performance de l’entreprise tant sur le plan opérationnel que financier.
François Liotard est le directeur général de Lisi Automotive. Il est aussi président du comité de liaison des industries fournisseurs de l’automobile (CLIFA), ainsi que du groupement de marché automobile de la fédération mécanique (FIM AUTO), et membre du conseil des présidents de la PFA.



