La fenêtre de tir se précise pour le premier décollage d’Ariane 6. "Le vol inaugural est prévu le 9 juillet. La fenêtre de tir s’ouvrira à 15H00 heure de Kourou soit 20H00 en Europe continentale", a indiqué Toni Tolker-Nielsen, directeur du transport spatial pour l’ESA (Agence spatiale européenne) à l’occasion d’un échange avec la presse intervenu le 25 juin dernier. L’agence spatiale et Arianegroup veulent mettre toutes les chances de leur côté et se sont octroyés une fenêtre de tir de 3H00, une durée exceptionnellement longue. Cela permettra éventuellement de régler des problèmes techniques de dernière minute qui pourraient intervenir sur le pas de tir ou de faire face à un aléa météo.
La date est d’autant plus certaine qu’une répétition générale jusqu’au remplissage des réservoirs de la fusée avec ses ergols cryogéniques s’est déroulée sans encombre le 20 juin. Le test grandeur nature incluait même un compte à rebours complet jusqu'au lancement, qui s'est arrêté comme prévu quelques secondes avant le décollage. Il s’agissait de tester pour la première fois le vrai matériel de vol avec le vrai logiciel de vol. «Cela s’est très bien passé. Tout était nominal comme une horloge suisse » s’est félicité le responsable de l’ESA.
Pour ce premier tir sous la responsabilité de l’ESA, Ariane 6 n’aura pas véritablement de clients. Comme en moyenne, un tir inaugural sur deux se passe mal, les opérateurs de satellites préfèrent en effet passer leur tour. Ainsi, en décembre 2022, la fusée européenne Vega C avait dévié de sa trajectoire pour son vol inaugural, entrainant la perte de deux satellites d’Airbus Defense and Space
Simulation d'un vol Galileo
La fusée ne sera pas vide pour autant. Le lanceur emportera des micro satellites et des dispositifs destinés à des expériences scientifiques. Ce vol aura un double objectif. «C’est un vol de qualification qui cherche avant tout à vérifier le bon comportement du lanceur. On a saisi l’opportunité de ce vol pour embarquer un certain nombres de petits passagers» explique Michel Bonnet, responsable du vol inaugural pour l’ESA.

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L’étage supérieur va emporter une masse inerte d’environ deux tonnes, soit l’équivalent de la masse de deux satellites Galileo et de leur système d’attache sous la coiffe du lanceur et de séparation dans l’espace. «Cela permet de vérifier le comportement de l’étage supérieur dans des conditions très proches de ce que l’on aurait pour un lancement Galileo» explique le spécialiste.
La mission comportera deux phases. La première phase vise à reproduire un vol commercial type. L’objectif sera alors à mettre une poignée de minisatellites sur une orbite de 580 km d’altitude. Cette phase va nécessiter un premier allumage du moteur Vinci qui propulse l’étage supérieur.
La seconde phase, la plus critique qui aboutira pleinement à la qualification du lanceur, permettra de tester les innovations d’Ariane 6. Principalement son moteur Vinci et sa capacité à être rallumé plusieurs fois. Un second boost du moteur sera effectué pour circulariser l’orbite, puis un dernier pour désorbiter l’étage supérieur et larguer des capsules de ré-entrée atmosphérique qui finiront par tomber au milieu de l’océan Pacifique.
10 vols prévus en 2027
Cette mission s’opérera sur une orbite non standard, avec une inclinaison à 62° par rapport à l’équateur. Ceci afin de répondre aux contraintes de la qualification du lanceur. Ainsi la fusée sera plus visible des différentes stations de surveillance aux sols qui récupéreront les précieuses données du vol. Pour ce vol à haut risque, l’ESA, Arianegroup et le CNES mobiliseront au total des centaines de personnes sur la base spatiale et en Europe continentale, soit environ trois fois plus que pour un vol de routine. Si tout se passe comme prévu, les équipes seront ensuite mobilisées pour décortiquer toutes les données recueillies lors du vol afin de s’assurer que les systèmes ont bien fonctionné.
Le second tir, soit le premier destiné à un client, n’est donc prévu qu’en décembre. ArianeGroup et ses partenaires veulent ensuite accélérer la cadence des tirs. Ainsi 6 vols sont prévus en 2025, 8 en 2026 et 10 en 2027. ArianeGroup a adapté son outil industriel pour produire jusqu’à 12 lanceurs par an. «Le fait de conduire cette montée en cadence avec toute l’équipe industrielle, c’est le défi qui nous attend après le 1er vol» précise Franck Huiban, directeur des programmes civils pour ArianeGroup.
Dans l’usine des Mureaux (Yvelines), l’industriel a déjà produit les réservoirs pour les cinquième et sixième exemplaires de vol d’Ariane 6. Ce «ramp-up» est nécessaire pour éviter de faire attendre les clients d’Ariane 6 qui a un retard de plus de 3 ans sur son calendrier initial. Avant même le premier vol, Arianespace a déjà vendu plus de 30 lancements à l’ensemble de ses clients.



