Saint-Gobain poursuit ses avancées pour une production de verre plat plus durable. Après avoir réussi une première fabrication zéro carbone en 2022 en France, le groupe français assure être le premier à avoir su utiliser plus de 30% d’hydrogène dans le procédé. Lors d’une production test sur son float (unité de verre plat sur un bain d’étain en fusion) à Herzogenrath, en Allemagne, Saint-Gobain a alimenté le four en hydrogène, à hauteur d’un peu plus de 30%, pour la combustion, a-t-il annoncé le 30 mars 2023.
Ce test à échelle industrielle est venu confirmer des essais menés dans les centres de R&D du groupe à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et Cavaillon (Vaucluse), dans l’objectif d’abaisser les émissions de CO2 des unités de production de verre plat.
Le projet a été mené dans le cadre d’un partenariat avec Gas and Heat Institute Essen, spécialiste allemand des technologies liées aux gaz industriels, et avec le soutien, à hauteur de 3,64 millions d’euros, du Land de Rhénanie du Nord. Lancé en 2022, ce programme de R&D intervient sur les technologies de combustion, sur les matériaux céramiques ainsi que sur la conception des fours industriels, et vient s’ajouter à d’autres travaux comme ceux d’électrification des fours.
Des perspectives de 70% de réduction des émissions de CO2 pour les floats de Saint-Gobain
Avec cette démonstration, Saint-Gobain ajoute donc l’hydrogène dans son éventail de solutions pour décarboner ses unités de verre plat. Le groupe estime désormais possible de réduire jusqu’à un maximum de 70% les émissions de CO2 de ce type d’usines en s’appuyant sur des sources d’énergies décarbonées. Il s’agit, selon un porte-parole, du « maximum atteignable avec un mix énergétique bas carbone, sur l’ensemble du scope 1, c’est-à-dire les émissions directes du site industriel, pas seulement celles de l’étape de fusion. Ce maximum peut être atteint en remplaçant le gaz naturel par tout type de combustible décarboné ou en utilisant directement de l’électricité décarbonée ».
Toutefois, toutes ces solutions nécessitent des investissements importants. L’utilisation de l’hydrogène à l’étape de fusion du bain d’étain a par exemple nécessité des modifications du design du four et des équipements de combustion, des adaptations au niveau du mix des matières ainsi que sur les paramètres de production, indique-t-on chez Saint-Gobain. La décarbonation progressive des floats du groupe prendra donc encore quelques années mais est bien programmée. Plusieurs projets sont à l’étude pour le déploiement de solutions, en fonction de leur disponibilité autour des usines concernées.



