S’il résistait jusque-là à la crise liée au Boeing 737 MAX, le groupe Safran ne peut rien contre le Covid-19. A l’instar des grands acteurs de l’aéronautique, Safran a présenté mercredi 29 avril des résultats trimestriels qui montrent les premiers effets financiers de l’épidémie de coronavirus. Le motoriste et équipementier accuse une baisse de son chiffre d’affaires organique de 8,8%, à 5,4 milliards d’euros. "Cela fait plus d’un an que Safran s’adapte avec succès à la crise du 737 MAX, a rappelé Philippe Petitcolin, le directeur général de Safran, dans un communiqué. Ce que nous traversons aujourd’hui est d’une toute autre ampleur sans que nous soyons encore en mesure de le mesurer précisément."
Dès le mois de mars, l’impact de l’épidémie de coronavirus a commencé à se faire sentir dans toutes les activités du groupe : sur ce seul mois, l’activité a été en baisse de 20,4% par rapport à mars 2019. Alors que le trafic aérien mondial est aujourd'hui quasiment à l’arrêt, les très lucratives activités de services de Safran – services et pièces de rechanges des moteurs civils, frein carbone – sont fortement été affectées. Désormais, suivant la baisse de régime engagée par les avionneurs, les activités de première monte des équipements sont à leur tour touchées.
Réductions de coûts à tous les étages
Dans le détail, au premier trimestre 2020, au sein de sa branche principale propulsion aéronautique et spatiale, Safran n’a pu livrer que 326 moteurs (CFM 56 et Leap), contre 577 au premier trimestre 2019. Le carnet de commandes reste confortable, avec 15 065 moteurs. De quoi provoquer une forte baisse du chiffre d’affaires organique de 11,8%, à 2,5 milliards d’euros. Idem pour le réaménagement des cabines (ex-activités de Zodiac), en forte baisse, qui fait plonger le chiffre d’affaires organique de cette branche de 15%, à 694 millions d’euros. Quant à la branche équipements aéronautiques, défense et aerosystems, son chiffre d’affaires est en baisse de 2,9%, à 2,2 milliards d’euros.

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Face à cette chute brutale d’activité, liée à la fois à la baisse de la demande du côté des compagnies aériennes et des avionneurs, et à la mise en œuvre de normes sanitaires dans les usines, Safran a dû prendre des mesures drastiques pour préserver sa trésorerie. A savoir : la fermeture de 45 sites sur les quelque 250 que le groupe possède dans le monde (au 22 avril). En France, le chômage partiel touche désormais 45% des effectifs (soit environ 20 000 personnes), et 35% à l’échelle mondiale. Baisse des programmes d’achats, réduction des investissements de 60% par rapport aux engagements pris, baisse de 30% des dépenses de R&D, réduction des coûts opérationnels de plus de 20%... Safran fait la chasse aux coûts.
Une trésorerie préservée
Dans cet environnement chaotique, Safran assure de sa solidité. "Le groupe dispose d’une position de liquidité forte et suffisante pour financer la poursuite de son activité et pour rembourser la dette arrivant à échéance en juillet 2020, assure l’équipementier dans son communiqué. Safran vise une génération de trésorerie positive sur l’ensemble de l’exercice en dépit d’une forte pression sur les deuxième et troisième trimestres." Safran, dont la trésorerie s’élevait à 3,2 milliards d’euros au 31 mars, a par ailleurs mis en place une nouvelle ligne de crédit de 3 milliards d’euros, signée en avril, sur une durée maximale de deux ans.
Si la baisse durable du trafic aérien est désormais le scénario le plus largement partagé dans le secteur, plombant en particulier le secteur des services, le groupe veut croire pour sa part à une certaine résistance. "À long terme, les perspectives restent positives pour Safran, notamment parce que la flotte de CFM56, jeune et performante, est moins susceptible de subir des retraits et des démantèlements de moteurs après l’immobilisation due au Covid-19 : environ 57 % des CFM56-5b/7b ont moins de 10 ans et 7 % seulement ont plus de 20 ans." Le motoriste, comme les autres acteurs de l'aéronautique, s'engouffre quoi qu'il en soit dans une contrée inconnue.



