Renault, Veolia et Solvay joignent leurs forces dans le recyclage des batteries

Renault, Veolia et Solvay ont créé un consortium ouvert pour travailler sur le recyclage des batteries en fin de vie et la réutilisation des métaux stratégiques extraits dans de nouveaux accumulateurs.

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Renault Zoe Flins
Renault, un des pionniers sur l'électrique avec la Zoé, a rejoint Solvay et Veolia pour travailler sur le recyclage des batteries en fin de vie.

Après leur production des batteries, puis leur utilisation en seconde vie, vient le temps du recyclage. Renault, Veolia et Solvay ont annoncé jeudi 18 mars la création d’un consortium ouvert sur le recyclage des batteries arrivées en fin de vie, et la réutilisation en circuit fermé des métaux stratégiques ainsi extraits, en particulier le cobalt, le nickel et le lithium, dans de nouveaux accumulateurs.

En septembre 2020, Veolia et Solvay avaient déjà annoncé leur rapprochement autour du recyclage des batteries lithium-ion. Dans ce cadre, Veolia a travaillé sur la collecte, le démantèlement, le broyage et l’extraction des métaux, tandis que le chimiste belge s’est concentré sur l’extraction, la purification et la réutilisation des métaux critiques pour permettre leur réutilisation dans de nouveaux accumulateurs pour voitures électriques, dont les ventes explosent en Europe.

Une usine pilote en France

Un projet que vient donc rejoindre Renault. Lors d’une conférence de presse, le directeur du pôle Nord et Est de l’activité déchets dangereux de Veolia, Pascal Muller, a précisé que "l’objectif à terme [était] de recycler à plus de 95% le cobalt et le nickel, et à plus de 70% le lithium". Une unité pilote doit voir le jour. Elle vise à "valider à l’échelle préindustrielle les travaux menés en laboratoire et construire un modèle économique pour les futures installations industrielles", a précisé le porte-parole de Veolia.

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La création d’unités industrielles devrait être actée autour de 2024 ou 2025, selon Pascal Muller. Avec leur consortium, Renault, Veolia et Solvay anticipent la future réglementation européenne. Bruxelles veut en effet faire évoluer les règles et imposer aux producteurs de batteries d’intégrer une part de contenu recyclé dans ces composants, à hauteur de 12% pour le cobalt, 85% pour le plomb, 4% pour le lithium et autant pour le nickel à partir de 2030. Des niveaux voués à croître en 2035.

Approvisionnement européen

Au-delà des bénéfices du recyclage sur le plan environnemental, le projet vise à permettre à l’Europe de se doter de sources d’approvisionnement locales en matériaux pour batteries. Pour se fournir en cobalt, les producteurs de batteries dépendent en grande partie des mines présentes au Congo, où les conditions de travail sont régulièrement pointées du doigt. Côté lithium, les pays d’Amérique du Sud disposent de leur côté d’immenses réserves, à l’image du Chili.

Des initiatives voient toutefois le jour en Europe. En France, Eramet ambitionne par exemple d’extraire le lithium contenu dans les sources géothermales exploitées par Électricité de Strasbourg. Mais les besoins en matériaux pour batteries sont énormes. D’où l’intérêt vif des industriels pour le recyclage. Cela pourrait permettre de couvrir une partie de la demande des futures gigafactories prévues par entre autres par Northvolt, Automotive Cell Company (ACC) et Verkor dans les années à venir.

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