Présentée pour la première fois en janvier, la "Software République" voulue par Renault prend forme. Entouré des représentants des quatre autres membres fondateurs, les géants Atos, Dassault Systèmes, STMicroelectronics et Thales, le directeur général du groupe au Losange, Luca de Meo, a détaillé les objectifs de cet écosystème ouvert, lors d’une présentation en ligne vendredi 9 avril.
Dédié au développement de systèmes et logiciels pour la mobilité intelligente, cette nouvelle structure va plancher sur les systèmes "de simulation et de gestion des données pour optimiser les flux pour les territoires et les entreprises" ainsi que ceux visant à "faciliter la connectivité sécurisée entre le véhicule et son environnement digital et physique", est-il précisé dans un communiqué.
La Software République veut par exemple exploiter des technologies telles que les jumeaux numériques pour offrir des solutions clé en main aux territoires afin d’améliorer les flux de mobilité. "Nous ciblons des villes où l’on peut démontrer rapidement qu’il est possible de générer du business. Nous parlons de villes comme Toulouse (Haute-Garonne), Madrid, ou même en Ile-de-France. Nous sommes ouverts", a dit Luca de Meo.
Le troisième axe de travail sera consacré au développement d’un "écosystème d’énergie pour simplifier l’expérience de charge". Concrètement, Renault et ses partenaires veulent mettre au point un service de Plug & Charge, capable de reconnaître, charger un véhicule électrique et facturer le service sans que le consommateur ait à faire quoi que ce soit.
"Nous avons tout ce qu’il faut en Europe"
In fine, les partenaires de la Software République entendent "montrer que nous avons tout ce qu’il faut en Europe pour construire la mobilité intelligente", a souligné Elie Girard, le directeur général d’Atos. Une réponse donnée à la concurrence croissante des acteurs du numérique… Ceux-ci pourront-ils d’ailleurs rejoindre ce nouvel écosystème ? "Il n’y a pas de raison. Mais nous voulons changer le jeu", a répondu dans une pirouette le directeur général de Dassault Systèmes, Bernard Charlès. Une chose est sûre, la Software République vise à accueillir de nouveaux membres : "moyennes entreprises, start-up, laboratoires de recherche", a listé le PDG de Thales, Patrice Caine. Avec une priorité donnée aux acteurs européens.
Les premiers ingénieurs et autre data scientists de la Software République devraient prendre leurs quartiers dans le nouveau bâtiment construit à proximité immédiate du Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines) en septembre. Un lieu choisi pour sa proximité avec le "laboratoire géant qu’est le plateau de Saclay", s’est félicité Luca de Meo.
Luca de Meo espère rapidement chiffrer les équipes de la Software République à des milliers de personnes. Les ingénieurs du centre de R&D Renault Software Labs – anciens salariés d’Intel installés à Toulouse et Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes) – seront rapidement mobilisés sur ce vaste projet de développement de systèmes et logiciels dédiés à la mobilité de demain.



