Renault et Volvo dévoilent leur nouvelle génération de vans électriques et connectés produite à Sandouville

Flexis, la coentreprise lancée par Renault, Volvo et CMA CGM pour développer le véhicule utilitaire électrique et connecté de demain, dévoile les trois prototypes de sa future gamme. Les fourgons seront assemblés par le Losange dans son usine de Sandouville, en Seine-Maritime.

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gamme Flexis présentation début 2025
La gamme de véhicules utilitaires électriques de Flexis sera composée de trois fourgons, conçus à partir d'une seule plateforme modulaire.

La nouvelle génération de véhicules utilitaires Made in France prend vie. Flexis, la coentreprise lancée en avril 2024 par Renault (45% de participation), Volvo (45%) et CMA CGM (10%) dévoile mardi 28 janvier les prototypes de sa nouvelle flotte de vans électriques et connectés : un fourgon standard, le Panel, décliné dans sa version frigorifique, le Cargo, et enfin le Step-in, une version plus haute dont le design inspiré du concept Renault EZ-Flex de 2019 n’est pas sans rappeler la camionnette d’Amazon conçue par la start-up américaine Rivian.

La particularité de ces trois véhicules est qu’ils ont été spécifiquement pensés pour les besoins de la mobilité urbaine, et notamment la livraison du dernier kilomètre en ville. Un must, alors que «le nombre de colis en Europe par habitant va doubler entre 2022 et 2035», constate Julien Sonzini, directeur commercial de Flexis en France. C’est surtout une nécessité pour les constructeurs, poussés par la réglementation à écouler sur le marché dès 2030 près de 50% de leurs véhicules en motorisation électrique. 

Objectif : 15 000 livraisons en trois ans

Début 2025, cet objectif relève quasiment du fantasme, tant les ventes de fourgons électriques restent embryonnaires : les camionnettes électriques et hybrides rechargeables ont vu leurs immatriculations baisser de 9,1% en 2024 pour s’établir à 96159 immatriculations en Europe, pour une part de marché de 6,1% (contre 7,2% en 2023), selon les données de l’association européenne des constructeurs automobiles (Acea).

Dans un climat économique incertain et malgré leurs objectifs de décarbonation, les gestionnaires de flotte ne franchissent pas encore le pas. «Les clients considèrent qu’ils n’ont pas encore trouvé la solution qu’ils pourraient adopter en masse, parce que d’un point de vue économique et opérationnel, passer à l’électrique signifie une dégradation» [de leur activité], constate Philippe Divry, président de Flexis SAS. Cet ancien dirigeant du groupe Volvo AB pendant près de 25 ans espère que sa «solution globale» combinant «les véhicules, les services et aussi la manière d’interagir avec le client» va permettre de changer la donne.

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Flexis a signé dix lettres d’intention de partenariats avec des acteurs logistiques en Europe, comme Colis Privé (filiale de CEVA Logistics, propriété de CMA CGM) et DB Schencker et espère livrer jusqu’à 15000 véhicules au cours des trois premières années de production.

Le premier «SDV» de Renault

Capot raccourci, pare-brise triptyque, hauteur de caisse contenue, portes coulissantes à galandage… les nouveaux vans apportent un léger vent de fraîcheur visuel. Mais c’est sous le capot que se cache la nouveauté majeure : une nouvelle architecture électronique, non plus distribuée comme c’est le cas traditionnellement, mais centralisée. On parle dans le jargon du SDV, pour «software-defined vehicle», c’est-à-dire un véhicule défini par ses couches logicielles grâce à ses nouveaux cerveaux : des ordinateurs haute performance (HPC, «high-performance computer»). À la manière d’un smartphone, ils peuvent être mis à jour à distance pour apporter de nouvelles fonctionnalités au conducteur, mais également échanger des données en temps réel.

Flexis espère tirer profit au maximum de cette nouvelle capacité pour offrir à ses clients des outils optimisés de gestion de flottes, comme de la maintenance prédictive à distance. «Nos clients ont besoin d’un accompagnement global avec des services en sous-traitance», estime Pierre Sirolli, directeur des services et solutions. Il va falloir convaincre les clients, alors que de nombreux opérateurs de service se lancent sur ce marché, à l’instar de Michelin et Orange.

Production à Sandouville

En attendant la commercialisation, la priorité de Flexis – mais surtout de Renault – va être de réussir la phase d’industrialisation de ces nouveaux véhicules. Conçus sur une plateforme modulaire dédiée affichant un taux de "commonalité" (la part de pièces et éléments communs aux différentes silhouettes) de 70%, ils sont les premiers à accueillir l’architecture SDV de Renault, qui en a confié le développement à sa filiale Ampere.

Si des rumeurs persistantes de retards de développement ont fleuri ces derniers mois, Flexis assure être «parfaitement en ligne pour livrer à partir de mi-2026» les premiers véhicules qui seront fabriqués dans son usine de Sandouville (Seine-Maritime). Des investissements vont devoir y être réalisés afin d’adapter le site industriel à la fabrication de véhicules électriques aux côtés du Renault Trafic (qui connaîtra lui aussi une nouvelle version en 2026).

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