Vieille de vingt ans, l'Alliance Renault-Nissan cherche un nouveau souffle. Après des mois de négociations complexes, les deux constructeurs automobiles auraient élaboré des plans pour l'annonce d'un possible accord dès décembre, ont dit à l'agence Reuters trois sources proches des préparatifs, tout en précisant que les discussions n'étaient pas encore terminées.
Mardi 29 novembre, le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, s'est déclaré «confiant» en un accord avec le partenaire japonais sur une restructuration de leur partenariat et sur la participation de Nissan dans la future entité électrique de Renault, dénommée «Ampère».
Nissan souhaite de son côté un rééquilibrage de la structure actuelle de l'Alliance, héritée du sauvetage du groupe japonais par le constructeur français en 1999. Cette remise à plat passerait par la vente d'une partie des 43% que Renault détient dans Nissan pour ramener cette participation au même niveau que les 15% détenus par le groupe japonais dans son partenaire français, selon des informations précédentes de Reuters.
Deux fenêtres possibles pour une annonce
Aucun accord final n'a encore été signé, mais les deux groupes ont commencé à élaborer un agenda avec deux fenêtres possibles pour une annonce officielle dans les prochaines semaines, avec un premier rendez-vous possible le 7 décembre à Londres (Royaume-Uni), ont dit les sources. Le 7 décembre tombe deux jours après une réunion programmée de longue date en France entre les dirigeants des trois partenaires de l'alliance, Renault, Nissan et Mitsubishi, ont-elles ajouté.
Selon les sources, si un peu plus de temps est requis pour boucler les négociations, les constructeurs pourraient opter pour de nouvelles réunions une semaine plus tard et ont aussi dans leurs cartons la possibilité d'une annonce la semaine suivante dans la capitale britannique.
Interrogé sur cet horizon de temps pour un accord, Jean-Dominique Senard a refusé de faire un commentaire. Nissan a dit de son côté qu'il ne commenterait pas les spéculations tandis que Mitsubishi, troisième partenaire de l'alliance dont des sources ont dit qu'il se positionnerait sur Ampère une fois la décision de Nissan prise, a refusé de faire un commentaire.
Tout un éventail de sujets complexes
Plusieurs sources proches du dossier ont déjà dit que le partage des droits intellectuels sur ses apports technologiques constituait pour Nissan un des principaux sujets de préoccupation. La position dominante de la France dans l'Alliance a également constitué pendant longtemps un sujet de mécontentement pour une partie des dirigeants de Nissan, privés de droits de vote dans Renault.
Renault a conclu en novembre un protocole d'accord avec le chinois Geely pour lancer une nouvelle entité détenue à parité, le projet «Horse», appelé à devenir un équipementier en moteurs thermiques et hybrides pour les marques des deux groupes, et éventuellement pour des constructeurs automobiles tiers. C'est le deuxième grand volet de la restructuration de Renault, qui doit l'aider à financer ses investissements futurs et à conforter sa place dans la course effrénée à l'électrification.
Sur le projet «Ampère», Nissan et Renault tiennent quotidiennement des discussions sur tout un éventail de sujets complexes - juridiques, réglementaires et industriels - avec pour objectif d'aplanir l'essentiel des divergences, si possible, d'ici la mi-décembre, ont dit à Reuters deux des sources.
En attendant l'aboutissement de ces négociations, Renault continue de nouer des partenariats tous azimuts. Dans le domaine de l'énergie, le groupe français a annoncé le 24 novembre une série d'accords pour décarboner des usines. Le 29 novembre, le constructeur a aussi dévoilé une alliance avec Airbus dans les batteries tout-solide. Un thème qui fait également partie des chantiers menés au sein de l'Alliance Renault-Nissan...
Avec Reuters (par Norihiko Shirouzu, Maki Shiraki et Gilles Guillaume ; avec Kevin Krolicki, édité par Sophie Louet)


