Non, le moteur thermique n'est pas encore mort. Renault croit en son avenir (notamment dans les pays émergents) et va même y consacrer une nouvelle coentreprise : Horse Powertrain, fondée avec le chinois Geely, est officiellement créée ce vendredi 31 mai. Cette entité est l'un des deux piliers de la transformation du groupe automobile français, qui a déjà fondé l'entité «Ampere», centrée sur la mobilité électrique, le 1er novembre 2023.
Il a fallu du temps à Renault et Geely pour obtenir les approbations réglementaires nécessaires pour enregistrer cette nouvelle société, dont la constitution avait été annoncée dès le mois de juillet 2023. Le saoudien Aramco était fortement pressenti comme troisième partenaire fondateur de cette coentreprise. Mais il ne fait pas partie de l'aventure pour le moment. Les discussions se poursuivent. En parallèle, le patron de Renault, Luca de Meo, s'est dit prêt à accueillir d'autres actionnaires à l'avenir, notamment des équipementiers spécialisés dans certaines pièces clés des groupes motopropulseurs thermiques, afin de pouvoir contrôler l'ensemble de la chaîne de valeur.
15 milliards de chiffre d'affaires
Le groupe Renault a placé dans «Horse» ses forces vives dans les motorisations thermiques. Soit 17 sites de production et 5 centres de R&D dans le monde, où travaillent 19000 salariés (uniquement hors de France). L'activité devrait peser 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel dès sa première année pleine. Horse affirme d'ores et déjà se placer comme le "leader mondial sur le marché des moteurs à combustion interne, des transmissions et des hybrides"et compte bien le rester, alors que d'autres grands constructeurs ont coupé leur recherche et leurs financements dans les motorisations thermiques. Il vise la production de 5 millions de moteurs par an pour 9 clients clés à ses débuts : ceux du groupe Renault et de l'alliance Renault-Nissan, mais aussi les marques de Geely comme Volvo Cars.
Horse rappelle que 80% des véhicules vendus dans le monde disposent aujourd'hui d'une motorisation thermique et que la part devrait rester au-delà des 50% en 2040. Après 2035, l'entité espère maintenir en vie les moteurs thermiques dans des territoires largement passés à l'électrique grâce à de nouvelles pistes technologiques : carburants bas-carbone (agrocarburants de nouvelle génération ou carburants de synthèse) ou hydrogène, par exemple.
Officiellement basée à Londres, au Royaume-Uni, Horse Powertrain sera dirigée par un duo : Matthias Giannini (un ancien de Vitesco Technologies, entreprise aavec laquelle Renault collabore par ailleurs sur un concept d'électronique de puissance tout-en-un) à la direction générale et Daniel Li à la présidence du conseil d'administration. A cette entité, détenue à parts égales par Renault et Geely, seront rattachés deux sous-groupes : d'un côté Aurobay, propriété de Geely basé à Hangzhou en Chine ; de l'autre Horse, filiale de Renault incorporée à Madrid en Espagne et dirigée par Patrice Haettel. En conséquence, cette entité est désormais déconsolidée des comptes financiers du groupe Renault.



