Les usines Renault de Maubeuge et Douai, dans le Nord, sont distantes d'environ 70 kilomètres. Renault souhaiterait transférer l'activité d'assemblage de Maubeuge à Douai. Un projet qui permettrait de renforcer l'activité d'assemblage de Douai et de spécialiser à nouveau Maubeuge dans l'emboutissage et la tôlerie, signant un retour du site à sa vocation initiale.
L'usine de Maubeuge, spécialisée actuellement dans les petits utilitaires, a été créée en 1969 par la Société des Usines Chausson, devenue ensuite Chausson Carrosserie puis filiale Renault à la fin des années 70. Elle employait en 2019 environ 1 600 personnes. Un millier de salariés serait concerné par le transfert.
Une table ronde le 1er juin
Lors de la présentation du plan de soutien à la filière automobile, ce 26 mai dans l'usine Valeo d'Etaples (également dans les Hauts-de-France), Emmanuel Macron a fait référence a ce projet de transfert d'activité, mettant la pression sur les dirigeants de Renault, rencontrés le matin même. "Je demande à ce que l'ensemble des salariés de Maubeuge et de Douai puissent avoir toutes les garanties sur leur avenir, leur capacité à produire, et à oeuvrer dans le groupe Renault. Je souhaite aussi que l'ensemble des sous-traitants puissent avoir une visibilité claire et des garanties". Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire présidera le 1er juin une table ronde rassemblant direction, syndicats et élus pour évoquer l'avenir des deux sites industriels. Des élus de Maubeuge se sont rassemblés ce 26 mai pour dénoncer le projet de transfert d'activité de Maubeuge à Douai.
En novembre 2018, Emmanuel Macron avait visité le site de Maubeuge et Renault s'était alors engagé à investir 450 millions d'euros dans le développement du site. Une promesse que le président de la République a rappelé aux dirigeants du constructeur, soulignant que la garantie du prêt accordé par les banques à Renault n'a pas encore été signée par l'Etat... "Le prêt de 5 milliards d'euros dépendra de l'issue des discussions", prévient le chef de l'Etat.
Plan d'économies présenté le 28 mai
L'optimisation des implantations industrielles du groupe au losange sera au coeur du plan d'économies de deux milliards d'euros qu'il doit présenter le soir du 28 mai à ses syndicats réunis en CSE extraordinaire.
Selon plusieurs médias français, le plan pourrait entraîner aussi la fermeture du site de Choisy, dont l'activité de recyclage mécanique serait transférée ailleurs, de la Fonderie de Bretagne à Caudan et du site d'assemblage de l'Alpine à Dieppe.
Avec Reuters


