Analyse

Renault, au ralenti, attend le feu vert de l’État

La semaine prochaine s'annonce décisive pour l'avenir de Renault, suspendu aux choix de l'Etat. L'analyse de Pascal Gateaud, rédacteur en chef de L'Usine Nouvelle.

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Renault centre de recherche technocentre Guyancourt
Renault doit présenter un important plan d'économies de deux milliards d'euros.

Un tempo bien orchestré. Et une dramatisation au rendez-vous. Une semaine avant qu’Emmanuel Macron ne dévoile le plan de soutien à la filière automobile, le feuilleton Renault rebondit. Une nouvelle sortie de route menace le constructeur.

Malgré le déconfinement, les concessions restent vides, les ventes se font rares, la gamme, vieillissante, ne compte pas assez de SUV, les modèles électriques tardent à décoller et l’Alliance avec Nissan patine toujours.

Il y a bien Dacia et Lada, mais Renault sort au ralenti de la course aux volumes pilotée par l’ex-PDG, Carlos Ghosn, obnubilé, avant sa chute, par la première place mondiale devant Toyota et Volkswagen.

Présenté comme la seule solution pour que Renault redémarre, un bon vieux remède de cheval dont deux quotidiens de référence publient opportunément les mesures chocs. Trois petites usines sont menacées de fermeture, dont celle, historique, d’Alpine à Dieppe (Seine-Maritime), et Flins (Yvelines) laisserait filer l’assemblage des voitures, dont la Zoé... Le constructeur, à qui l’État garantit un prêt de 5 milliards d’euros, compte réaliser 2 milliards d’économies.

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Il n’en fallait pas plus pour que les réactions politiques et syndicales, unanimes, appellent au maintien des trois sites et à une contrepartie sociale au prêt. Emmanuel Macron fournira un début de réponse avant que le groupe ne dévoile son plan définitif.

Stop ou encore ?

Comment éviter que Renault ne réduise encore son empreinte industrielle en France, en spécialisant ses dernières usines d’assemblage dans l’électrique et l’utilitaire, ce qui porterait un nouveau coup à la filière automobile française ? L’État, actionnaire du groupe, comme de son concurrent PSA, par le biais de Bpifrance, n’a pas su jusque-là apporter la réponse. Pendant trop longtemps, en laissant l’ancien PDG de Renault tailler dans le site France sous prétexte qu’il était toujours trop cher. À l’heure de solder les comptes de la présidence Ghosn, l’actuel gouvernement, confronté aux mêmes vieilles recettes de cost killing, doit dire stop ou encore...

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