Une production en hausse, à 623 560 tonnes, mais toujours sous tension. Les statistiques 2024 que le Syndicat national des régénérateurs de matières plastiques, représentant environ 85 % de la capacité hexagonales, a dévoilé le 9 mai 2025 affichent une progression de la production de Matières premières de recyclage (MPR) de 7,9 %, à périmètre constant, par apport à 2023. Quasi stables, les données publiées en avril 2024 pour l’exercice précédent étaient qualifiées de “décevantes” devant un "moteur de l’incorporation de recyclé en panne”.
La nouvelle direction du SRP mise en place en début d’année 2025 n’en évoque pas moins des “signes de fragilité inédits” pour “une industrie exposée et encore trop peu sécurisée”.
Rude concurrence du vierge
Pour le SRP, cette croissance 2024 “a été rendue possible notamment par une amélioration de la productivité industrielle et des ajustements tarifaires” mise en place “pour préserver les parts de marché face à la concurrence des résines vierges importées à bas prix".
“Grâce à leurs investissements continus, la capacité de production des membres du SRP atteint désormais 960 000 tonnes, avec des perspectives de dépasser le million de tonnes de MPR d’ici à 2027”, ajoute-t-on au sein du syndicat, conditionnant l’atteinte de cet objectif à l’approvisionnement en déchets triés et en demande de MPR. “Les régénérateurs sont pleinement mobilisés en faveur de l’économie circulaire. Ils ont investi, innové, structuré leurs filières. Il est désormais urgent que l'ensemble des acteurs économiques et publics soutiennent durablement l'intégration des MPR dans les produits plastique », encourage Rémy Belval, le nouveau président du SRP.
Le SRP soutient ainsi “vigoureusement” le projet d’arrêté ministériel modulant les contributions versées au éco-organismes pour huit filières REP, un renforcement plus général des mesures réglementaires en faveur de l'utilisation de MPR ainsi qu’une reconnaissance de la place du recyclage mécanique, environnementalement plus performant que le recyclage chimique qui doit s’attacher à traiter les déchets que le premier ne peut pas prendre en charge. L’obligation d’incorporation de 25 % de r-PET dans les bouteilles issues de la directive SUP devrait en outre accélérer le mouvement...
Parmi les autres chiffres marquants, on peut noter que les ventes nationales de MPR progressent de 7,8 % pour atteindre 447 777 tonnes, que les exportations sont en forte croissance à 149 831 tonnes (+38 %), contrebalançant une demande française en stagnation.
Les déchets utilisés sont à 80 % d’origine nationale, dont 66 % issus de filières REP, avec le PET toujours en tête, stable à 42 %.
“La production de MPR a permis en 2024 une économie carbone estimée à 1 435 150 tonnes d’équivalent CO2”, indique-t-on en outre au sein du syndicat tout en soulignant que 96 % des MPR produites sont associées à un éco-profil certifié, “renforçant la traçabilité et la transparence environnementale du secteur”.
La répartition sectorielle des débouchés évolue par ailleurs. L’emballage reste prédominant à 47 %, la construction poursuit son repli, de 21 à 18 %, tandis que l’automobile fléchit, passant de 13 à 11 % et que l’agrofourniture gagne du terrain, à 3,2 %.



