Quelques progrès mais peut mieux faire… Comment évolue la disponibilité des aéronefs de l'armée française ?

Le sujet fait partie des priorités du ministère des Armées : améliorer la disponibilité des aéronefs militaires, trop souvent incapables de partir en mission. Le 15 octobre, le gouvernement a fait un point d'étape sur ce gros chantier.

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A400M
Six avions de transport militaire A400M sur 17 sont disponibles en 2020.

Trois ans après son arrivée au gouvernement, Florence Parly fait un bilan sur la disponibilité des engins utilisés par les forces françaises. La ministre des Armées doit se déplacer jeudi 15 octobre à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). À cette occasion, elle s’exprimera sur ce sujet sensible qu’est le maintien en condition opérationnelle (MCO) des aéronefs de l’armée. Malgré des progrès significatifs, les appareils inutilisables restent nombreux.

Un chantier de “verticalisation” des contrats

La ministre des Armées affrontait une situation catastrophique en 2017 : deux hélicoptères sur trois et un aéronef sur deux ne pouvaient pas décoller. “Nous avons engagé une revisite de la relation contractuelle que nous avions avec les industriels. Nous avons constaté une dispersion des contrats de MCO qui étaient nombreux”, explique une source au cabinet de Florence Parly. À titre d’exemple, un avion de combat Rafale de Dassault Aviation pouvait concentrer jusqu’à 30 contrats de MCO.

“Personne ne se sentait responsable de bout en bout de la disponibilité in fine de l’aéronef”, regrette-t-on au ministère des Armées. Le gouvernement s’est donc efforcé de “verticaliser” ces contrats à partir de 2019 : réduction du nombre d’accords, sélection d’un seul industriel pour assurer la responsabilité des délais et animer son réseau de sous-traitants… “En 2022, nous aurons verticalisé toutes les flottes d’aéronefs de l’armée française”, assure la source au cabinet de Florence Parly.

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L’amélioration du MCO aéronautique passe aussi par une augmentation des dépenses. En 2017, l’État consacrait 2,3 milliards aux crédits de paiement pour l’ensemble de ses flottes (armée de Terre, armée de l’Air et Marine nationale). Ce chiffre doit grimper à 2,7 milliards en 2020 et 4,1 milliards en 2025 à euros constants.

Améliorations sur les hélicoptères et l’A400M

Cette stratégie semble avoir porté ses fruits dans certaines flottes. En 2017, l’armée comptait 16 hélicoptères Tigre disponibles sur 61 (soit un taux de 26 %). En 2019, elle en dénombre 21 disponibles sur 67 (31 %). “Ce n’est pas encore le Pérou, je vous le concède, mais la tendance sur les trois ans est en augmentation constante”, résume-t-on au ministère des Armées. Sur la même période, la disponibilité des hélicoptères Caracal est passée de 26 % à 46 % avec environ 8 appareils en vol. Celle du Cougar a augmenté de 23 % à 38 % (10 unités disponibles sur 26).

Pour l’avion de transport militaire A400M : six appareils étaient disponibles sur 17 en 2020 (35 % de disponibilité), contre seulement trois en 2017 (23 %). Le gouvernement espère faire progresser cette moyenne à 10,8 appareils en 2022 pour approcher un taux de disponibilité de 60 %.

Une “action coup de poing” pour refaire voler quelques Rafale

Parmi les avions de combat, le Mirage 2000 de Dassault Aviation a connu une amélioration plus modeste. Contre 38 avions disponibles sur 99 en 2017, on en compte aujourd’hui 40. Même tendance pour le Rafale. Sur 143 Rafale en parc, 74 sont disponibles aujourd’hui. Soit un taux de disponibilité de 52 % contre 49 % en 2017.

“Nous allons faire une action coup de poing pour remettre en ligne de vol un certain nombre d’aéronefs qui manquaient de pièces”, annonce-t-on au ministère des Armées. “C’est quelque chose de classique dans n’importe quelle armée, il y a toujours quelques avions qui servent un peu de magasin de manière temporaire”, ajoute la source. Concrètement, des pièces sont prélevées sur ces appareils pour permettre à d’autres de partir en mission. Le gouvernement prévoit donc de commander des pièces de rechange pour remettre en ligne de vol “quelques unités” de Rafale. Une façon de compenser la commande grecque qui comporte douze Rafale d’occasion prélevés à l’armée française.

Le ministère des Armées n’a pas encore dévoilé dans le détail ses ambitions pour 2022 en termes de disponibilité. Il estime toutefois que des technologies comme le jumeau numérique permettront d’améliorer le MCO aéronautique. “Il y a beaucoup de contrats qui n’ont pas encore été verticalisés”, ajoute la source du cabinet de Florence Parly.

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