Troquer l’essence pour l’hydrogène, tout en gardant ce bon vieux moteur thermique ronronnant. C’est le défi que s’est lancé le motoriste Oreca, à l’origine une écurie de course fondée en 1973 par Hugues de Chaunac. Depuis fin 2022, la filiale moteurs du groupe, implantée en bordure du circuit de Magny-Cours (Nièvre), dispose d’un banc d’essai sur lequel trône un moteur à combustion interne alimenté en dihydrogène (H2) gazeux.
Hormis quelques modifications techniques mineures (métallurgie sur les soupapes, travail sur la fragmentation, injection directe), le moteur 4 cylindres de 2 litres ressemble à n’importe quel autre moteur présent au sein de l’atelier de 3 600 mètres carrés, où travaillent 45 personnes. «Presque décevant», ironise Serge Meyer, le directeur du département moteur. Son pari est pourtant ambitieux : cartographier le comportement du moteur et le pousser jusqu’à la limite, comme tout pilote l’exigerait de son bolide. Il s’agit donc d’apprendre à maîtriser la combustion de l’hydrogène et de décliner la technologie en l’intégrant sur une voiture de course. Mais pour espérer présenter un prototype au Mans en 2026, il reste un long chemin à parcourir.
Un carburant explosif
«On y croit», assure Serge Meyer, tout sourire, à propos de cette technologie «qui pourrait répondre aux enjeux du sport automobile de demain, et de manière plus large à la mobilité de demain». La combustion d’hydrogène ne génère pas de CO2, rejetant uniquement de l’eau. Mais les challenges sont nombreux. Outre les coûts de production toujours très onéreux, se pose le problème du stockage en toute sécurité d’une molécule réputée pour sa volatilité et son explosivité. Selon les analyses d’Oreca, un réservoir à hydrogène est en moyenne huit fois plus grand qu’un réservoir à essence emportant la même quantité de carburant.
L’entreprise ne se voile pas la face, cette difficulté de stockage persistera : «Il y aura toujours un gros réservoir, ce qui aura un impact sur l’équilibre général de la voiture», confirme le directeur du département moteur. Va également se poser la question de la fragilisation de l’acier par l’hydrogène, très corrosif.

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3 Avril 2026
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«Sauf verrou technologique, on pourrait avoir un premier moteur opérationnel dans le courant de l’année prochaine», envisage Vincent Garreau, le directeur clients et avant-projet. Un autre chantier, plus complexe, pourrait alors commencer : intégrer le moteur H2 dans un véhicule.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3720-3721 - Juillet/août 2023



