L'enquête ouverte à la mi-juin par la Commission européenne sur le projet de fusion entre le constructeur automobile Fiat Chrysler et son homologue français PSA devait au départ s'étaler jusqu'au 22 octobre. "La Commission a prolongé le délai en accord avec les parties", a déclaré le 7 juillet une porte-parole de la commissaire à la Concurrence.
Le report de l'échéance laisse supposer que les deux constructeurs devront faire des concessions avant que ne soit autorisé leur mariage à 50 milliards d'euros. La Commission européenne serait préoccupée par la part de marché élevée qu'aurait le groupe issu de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) dans les petits utilitaires. Les autorités américaines, chinoises, japonaises et russes ont déjà donné leur feu vert.
Une co-entreprise entre PSA et FCA existe déjà sur les utilitaires
Les deux constructeurs assemblent déjà l'essentiel de leurs utilitaires via une co-entreprise baptisée Sevel, à Atessa en Italie. Ce site est la plus grande usine d'assemblage d'utilitaires en Europe et produisait 1 200 véhicules par jour avant les perturbations provoquées par la crise du Covid-19. Il pourrait ainsi être techniquement difficile pour PSA et FCA de se séparer d'activités qui se chevauchent.
Leur projet de fusion vise à s'adapter aux bouleversements du secteur automobile, qui nécessitent de lourds investissements avec l'essor des véhicules électriques et le durcissement des règles en matière de pollution, sur fond de déprime du marché aggravée par la crise sanitaire. L'opération, dont la finalisation est prévue au premier trimestre 2021, donnerait naissance au quatrième groupe automobile mondial.
avec Reuters (Foo Yun Chee, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Marc Angrand)


