[Prix de la décarbonation] Manitou ouvre la voie de la manutention à l’hydrogène

Dans le cadre des Trophées industrie durable 2023, Manitou a reçu le Prix décarbonation pour ses chariots à hydrogène. Une technologie qu'il continue de développer avec un démonstrateur de grande capacité.

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Un prototype associant batteries et pile à combustible sera testé en conditions réelles dès le mois de septembre.

Manitou n’écarte aucune piste pour décarboner ses engins de manutention, d’élévation de personnes (nacelles) et de terrassement… Surtout pas l’hydrogène. Le groupe vise 2026 pour commercialiser ses premiers chariots propulsés avec cette énergie. Il lui a fallu plusieurs années pour concevoir sa gamme électrique, forte d’une vingtaine de modèles. Une étape clé a été franchie en décembre dernier avec la présentation d’un prototype, le MT1840, embarquant une pile à combustible. Une première mondiale, selon le groupe.

Ce démonstrateur, d’une capacité de 4 tonnes de charge pour 18 mètres en levage, poursuit ses essais d’endurance dans le centre d’essais d’Ancenis (Loire-Atlantique), siège de ce groupe de 5000 salariés et au chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros en 2022. En attendant un second prototype d’une capacité supérieure, ce premier modèle sera testé en conditions réelles sur des chantiers à partir de septembre.

Une empreinte carbone très réduite

L’un des défis des ingénieurs de Manitou est de parfaire la technologie innovante d’hybridation associant la pile à combustible à un nombre réduit de batteries. Ce qui évite de recourir à un chargeur externe pour ces batteries. Seuls les réservoirs doivent être remplis. Cette opération ne prend que quelques minutes pour le prototype, ce qui est largement plus rapide qu’une charge de batterie, si tant est que la chaîne d’approvisionnement en hydrogène suive. La capacité de stockage est également présentée comme un atout majeur, avec 3,6 kg d’hydrogène pour une demi-journée d’autonomie.

Sur l’ensemble de la chaîne énergétique (du puits à la roue), Manitou fait valoir une réduction de l'empreinte carbone de 90% quand la molécule vient de l’électricité renouvelable. Quant aux émissions, la solution hydrogène permet de les diviser par quatre, contre deux pour l’électrique. Sachant que les matériels roulants peuvent représenter jusqu’à 80% des émissions globales de Manitou, notamment sur le scope 3.

Pour sa stratégie hydrogène, Manitou a joué collectif. Le groupe a voulu s’inscrire dans un écosystème, avec le support de Lhyfe pour la fourniture d’hydrogène vert, de Dintec (groupe Fétis) pour l’intégration de la pile, elle-même proposée par Symbio. Bouygues et Loxam sont également associés en tant qu’utilisateurs. «Nous sommes dans une démarche pouvant se solder par un succès français», promet Julien Waechter, le vice-président de Manitou chargé de la R&D.

Les autres nommés

  • Green Energy Sully réduit l’empreinte carbone de l’usine Swiss Krono France, à Sully-sur-Loire (Loiret), grâce à la biomasse.
  • Merlin Gerin (Schneider Electric) a réduit la consommation énergétique de son site d’Alès (Gard) en récupérant la chaleur fatale.
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