[Prix de l'encouragement] Tolv industrialise la conversion électrique des utilitaires

En prévision de l'interdiction des moteurs thermiques, Tolv, à Fontaine (Isère), fait du rétrofit de véhicules utilitaires. L'Usine Nouvelle lui a remis le Prix encouragement dans le cadre des Trophées industrie durable 2023.

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L’entreprise grenobloise Tolv développe pour Renault des kits de rétrofit d’utilitaires Trafic et Master.

Adieu le moteur thermique, le pot d’échappement et le réservoir. Avec Tolv, les anciens véhicules essence ou diesel passent à l’électrique, après une greffe de batterie, de motorisation et de transmission. Cette technique, appelée rétrofit électrique, est la spécialité de cette jeune pousse, créée en 2019 par cinq associés à la sortie de leurs études d’ingénieur et de science politique. Installée à Fontaine (Isère), près de Grenoble, l’entreprise, dont le nom est l’anagramme de Volt, se concentre plus particulièrement sur le marché des utilitaires.

«Ce segment est actuellement sous-servi en version électrique par les constructeurs automobiles, tant en gamme qu’en volume de production», justifie Antoine Desferet, l’un des cofondateurs de la société. Rien qu’en France, plus de 6 millions d’utilitaires sont en circulation, selon le ministère de la Transition écologique, l’immense majorité (95%) roulant au gazole. Et avec la multiplication des zones à faibles émissions (ZFE) excluant les voitures les plus polluantes en France (11 agglomérations aujourd’hui, 43 d’ici à 2025) et en Europe, la décarbonation des flottes va devenir un sujet majeur pour les entreprises et les collectivités.

Le rétrofit, deux à trois fois moins cher que le neuf

Grenoble, Strasbourg, Rouen, Le Mans, Pantin, Montreuil, ainsi que des PME industrielles ont déjà fait appel à Tolv (ex-Phoenix Mobility) pour électrifier certains de leurs utilitaires. «Il y a trois ans, on nous regardait avec de grands yeux. Aujourd’hui, on comprend mieux l’urgence, d’un point de vue aussi bien écologique que réglementaire, mais aussi le coût que cela représente», indique Antoine Desferet. Le prix est en effet l’argument de vente clé : le rétrofit est deux à trois fois moins cher que l’achat d’un véhicule électrique neuf équivalent. Après subventions, il faut compter par exemple environ 19000 euros pour un Renault Trafic rétrofité, 21000 euros pour un Renault Master.

L’entreprise iséroise d’une trentaine de salariés a, pour l’heure, conçu et homologué des kits de conversion uniquement pour ces deux modèles de la marque au losange. Une première en Europe malgré tout ! L’an passé, elle a noué un partenariat avec Renault afin d’industrialiser le processus de conversion électrique en utilisant les lignes de production de l’usine de Flins (Yvelines) du constructeur. Objectif : passer d’une trentaine de véhicules convertis cette année à 400 l’an prochain, puis à 3000 en 2025. Mais Tolv se veut multimarques : après avoir levé 2 millions d’euros en 2021, il s’apprête à boucler un financement de près de 8 millions d’euros pour renforcer ses équipes et développer des kits pour d’autres modèles. Le pied sur l’accélérateur.

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