Enquête

Près de Lyon, une friche industrielle renaît grâce à des entreprises locales du recyclage

Au sud de Lyon, la vallée de la chimie s'est dotée d'un écoparc industriel tourné vers le recyclage. 16 candidatures ont été déposées à l'automne, dont la plupart émanent d'entreprises déjà présentes aux alentours et de leurs spin-off.

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À Feyzin, l’écoparc Circulyz hébergera sur 18 hectares des entreprises engagées dans la transition écologique.

Les industriels de la vallée de la chimie, au sud de Lyon, doivent, pour se développer, se contenter de réhabiliter des bâtiments. Ils sont en effet souvent bloqués par des recours et par les imbrications des plans de prévention des risques technologiques, dont celui de la raffinerie TotalEnergies. Et s'installer sur des terrains nus est devenu mission impossible. Une pénurie foncière qui donne toute sa valeur à une friche de Feyzin (Rhône). «C'est la dernière emprise industrielle d'un seul tenant dans la vallée de la chimie», constate Émeline Baume, la vice-présidente (Les Écologistes) de la métropole chargée du développement économique.

Le site n'accueillera pas une grande usine, comme cela avait été envisagé, mais un écoparc industriel tourné vers les activités chimiques. Le terrain de 18 hectares de la zone d'activités de Sous-Gournay avait été réservé en 2016 pour une usine Safran par l'ancien président de la métropole, Gérard Collomb. Mais la crise de l'aéronautique en 2019, puis la pandémie de Covid l'année suivante, ont mis à mal le projet de l'équipementier, qui n'a toujours pas annoncé où il installerait sa ligne de production. Agacé de devoir geler ce terrain, Bruno Bernard, l'actuel président (Les Écologistes) de la collectivité territoriale, propriétaire du site, a annoncé à l'automne 2023 qu'un autre projet verrait le jour, créant «beaucoup plus d'emplois à l'hectare ».

Seize entreprises candidates à l'installation

Tiraillée entre la protection des 100000 habitants du secteur, de plus en plus opposés à l'extension des usines chimiques, et le développement économique, la métropole veut faire de cette friche la «première brique d'une industrie chimique régénérative», indique Émeline Baume. Destiné aux entreprises de la chimie, de l'énergie et de l'environnement «qui intègrent la circularité dans leur modèle d'affaires», précise l'élue, cet écoparc a été baptisé Circulyz. Il accueillera trois types d'activités : le recyclage des polymères (textiles, plastiques), la dépollution des milieux (eau, air, sol) et des démonstrateurs dans des secteurs de la chimie biosourcée. Avec pour objectif d'aider les industriels voisins à accélérer leur décarbonation.

Après un appel à manifestation d'intérêt, 16 candidatures ont été déposées à l'automne, dont la plupart émanent d'entreprises déjà présentes dans la vallée de la chimie et de leurs spin-off. La PME espagnole Condorchem Envitech est l'une d'entre elles. Spécialiste du traitement de l'eau, elle dispose d'une équipe hébergée par la plateforme collaborative d'innovation Axel'One. Cette structure présidée par un dirigeant de Syensqo accueille des projets de TPE et PME issues d'écoles ou des laboratoires des entreprises sur trois sites, à Lyon-La Doua, Saint-Fons et Solaize. Celui de Feyzin viendra enrichir la panoplie d'offres techniques et immobilières. Autre candidate, la start-up lyonnaise Recyc'Elit, qui a mis au point un procédé de transformation des fibres de polyester des déchets textiles. Cette pépite de la vallée de la chimie a ouvert son capital au groupe Mulliez (Decathlon, Auchan) au printemps 2024. Elle espère se doter d'un démonstrateur industriel dans le courant de l'année. Avant d'investir dans l'immobilier, la métropole a entamé des discussions avec les porteurs de projet. Les premiers murs devraient pousser courant 2026, pour de premières mises en service en 2027. Avec, à terme, la création d'au moins 700 emplois.

Bel Air Textile fait revenir les fabricants en ville

Aux confins de Villeurbanne et de Vaulx-en-Velin, à l'est de Lyon (Rhône), les garages et les usines disparaissent à mesure que la ville s'étend. Propriétaire d'une friche après le départ d'un mécanicien de précision, le promoteur immobilier Didier Caudard-Breille a opté pour une réindustrialisation. Mi-2023, sa filiale Bel Air Textile a mis en service un hôtel d'entreprises de 2 800 mètres carrés pour un investissement de 8 millions d'euros. «Les startup du textile, nombreuses dans la région, n'avaient pas ou peu accès à des machines industrielles», explique Jérémy Compagnat, le fondateur de la PME de personnalisation d'articles textiles Crafters, l'un des contributeurs au projet. La CCI et l'Union des industries textiles (UIT) d'Auvergne-Rhône-Alpes ont aussi contribué à la création de ce tiers-lieu. Sous l'ancienne armature métallique, Bel Air Textile accueille treize entreprises, soit une soixantaine de salariés permanents. Dans les ateliers, des outils de prototypage, de coupe, d'assemblage, de sérigraphie, sont à la disposition des locataires.

 

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3738 - Janvier 2025

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