Pourquoi le groupe Ortec se diversifie dans les stations de recharge

Le groupe multi-services et d’ingénierie Ortec veut déployer 250 stations de recharge en France d’ici à 2030 pour les besoins de sa flotte et ceux des professionnels. Tout en investissant massivement sur ses métiers.

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Ortec station de recharge Oreve
La première station de recharge Oreve à Durtal (Maine-et-Loire).

Avec sa première station de recharge publique ultra-rapide dédiée aux professionnels sous l’enseigne Oreve à Durtal (Maine-et-Loire) où est basé son centre d’innovation Dantech, Ortec pose le premier jalon d’un réseau qui doit en compter 250 à 260 d’ici 2030, exploitées par Obornes, sa filiale d’infrastructures électriques.

Pour André Einaudi, PDG du groupe multi-services à l’industrie, basé à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), cet investissement se justifie par la nécessité d’accélérer la transition énergétique et le déploiement en France de ces points d’approvisionnement électrique haute performance. La station recouverte de panneaux solaires (70 kW crète) compte 10 bornes. Chaque borne Oreve propose une puissance de 400 kW à des véhicules légers, des utilitaires, des poids lourds jusqu’à 26 tonnes et des semi-remorques. Une application digitale aide à localiser les stations, vérifier la disponibilité des bornes, lancer la recharge et, à l’avenir, programmer un créneau horaire de passage.

Un nouveau métier à rentabiliser

«Investir ce métier est né de l’idée de servir les besoins de décarbonation de notre propre flotte de 6 000 véhicules dont 1 500 poids lourds. Pour réduire les émissions de CO2, il y a, entre autres, son passage à l’électrique. Mais pour le réussir, il faut un réseau. Comme il n’existe pas, nous le lançons».

Une cellule d’experts techniques "New business" initiée pour imaginer de potentiels futurs marchés pour Ortec avait identifié le créneau. Obornes le met en œuvre en ciblant les zones à faibles émission (ZFE). «Les entreprises et collectivités qui n’ont pas les moyens de se payer des bornes d’une telle capacité pourront se servir chez nous. Nous équipons pour commencer nos propres agences où nous sommes déjà propriétaires des terrains, puis la société achètera des espaces pour réaliser d’autres points de recharge», détaille le dirigeant, conscient d’un engagement lourd dans un échéancier plutôt restreint. «Une station implique 1 à 1,5 million d’investissement» précise-t-il.

André Einaudi attend des effets de cette activité dès 2025 et un chiffre d’affaires qui grimpe dans les trois à cinq ans. Sa stratégie repose sur un modèle particulier dont il dévoile les premiers contours…

Transition en accélération

«Notre volonté est de faire de chaque station une société à participation, avec des investisseurs différents, transporteurs, constructeurs, financiers... Ortec en restera majoritaire en tant qu’opérateur. Toutes seront rattachées à une holding sur laquelle, à l’horizon d’un an, nous ferons également entrer des investisseurs pour nous soulager financièrement. Oreve n’est pas le cœur de métier d’Ortec, où nous avons également besoin d’investir. Il nous importe de bien répartir les moyens sur nos métiers».

Depuis fin 2023, Ortec a en effet concrétisé six croissances externes (Englobe au Canada, 3C Métal, Saterm…) qui portent son chiffre d’affaires à 1,8 milliard d’euros (contre 1,39 milliard en 2023) et son effectif à 15000 personnes. Cent millions d’euros sont également investis chaque année, à 80% sur la France. Sa transition énergétique intègrera par ailleurs une accentuation de la digitalisation. Présent sur 400 sites industriels et près de 30 pays, Ortec veut monitorer 6000 machines, grues et matériels de manutention, compresseurs, postes de soudure… afin de mieux maîtriser leur consommation.

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