Pourquoi la commande d'avions Rafale par la Grèce tombe doublement à pic pour Dassault Aviation

La Grêce s’apprête à devenir le premier client européen du Rafale de Dassault Aviation avec l’achat de 18 appareils avec des livraisons dès 2021. De quoi apporter un bol d'air à la chaîne de production de l'avionneur et inciter les autres prospects européens, la Finlande et la Suisse, à faire de même.

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Rafale Dassault Aviation
En séduisant l'armée de l'air grecque, le Rafale est en passe de gagner son quatrième client à l'export après l'Egypte, le Qatar et l'Inde.

La Grèce a confirmé son intention d’acheter 18 Rafale. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis en a fait l’annonce samedi 12 septembre au cours d’un discours centré sur le renforcement de l’arsenal militaire du pays. Cette décision intervient alors que les tensions entre la Grèce et la Turquie en Méditerranée orientale sont montées d’un cran ces dernières semaines autour de l’exploitation de ressources d’hydrocarbures dans des zones économiques revendiquées par Athènes. Courant août, la France, à travers la voix de son président de la République Emmanuel Macron a clairement apporté son soutien à la République hellénique en déployant... deux Rafale et deux bâtiments de la Marine nationale.

Selon l’AFP, les discussions portent plus précisément sur l’achat de 6 appareils neufs et de 12 appareils d’occasion. Le montant du contrat en discussion n’a pas été communiqué. Les premières livraisons devraient intervenir dès 2021. "Les mois qui s’ouvrent doivent désormais permettre de finaliser la signature du contrat d’acquisition des avions Rafale", précise le communiqué du ministère français des Armées diffusé dans la foulée de l’annonce du Premier ministre grec.

La ministre française des Armées Florence Parly s’est en effet immédiatement félicitée du choix annoncé par Kyriakos Mitsotakis. "Cette annonce constitue un succès pour l’industrie aéronautique française, en particulier Dassault Aviation, ainsi que les autres acteurs industriels français, et notamment les nombreuses PME concernées par la construction du Rafale", indique-t-elle.

La France à la rescousse pour son avionneur

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Pour Dassault, un tel contrat tomberait doublement à pic. L’avionneur se devait de décrocher une nouvelle commande pour éviter l’arrêt de sa chaîne de production durant les années 2025 et 2026, faute d’avion à produire. Les commandes actuelles pour la France - 28 Rafale à livrer entre 2022 et 2024 -, l’Inde et le Qatar, lui permettent de faire tourner son usine jusque mi-2024. La France envisageait même d’avancer ses commandes de nouveaux appareils pour venir en soutien à l'industriel et à ses 500 sous-traitants. "Nous sommes en train d'étudier le meilleur moment pour lancer ces commandes, pour assurer non seulement la continuité des activités de l'entreprise Dassault mais aussi de tous ses sous-traitants qui sont derrière", avait précisé la ministre des Armées Florence Parly sur les ondes d’Europe 1 le 30 août dernier.

Ce contrat est également historique pour Dassault Aviation qui réussit enfin à convaincre un pays européen d’acheter son avion de combat. Jusqu’ici nos voisins ont préféré l’alternative américaine, au grand dam d’Eric Trappier, patron de l’avionneur, qui n’a cessé de fustiger une "préférence américaine" des états européens en matière d’aviation militaire. Et la liste est longue. C’est le cas du Royaume-Uni, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark. La dernière désillusion en date? La Belgique qui avait préféré en 2018 le F-35 américain au Rafale malgré l’offre de partenariat stratégique proposée par la France.

La préférence américaine des états européens

Il faut dire que la Grèce était le premier client idéal pour briser la malédiction européenne qui frappait le Rafale. Ce pays a commandé 40 Mirage F1 en 1974, puis 40 Mirage 2000 en 1985 et enfin 15 Mirage 2000-5 en l’an 2000. Ce dernier contrat comprenant également la modernisation de 10 Mirage 2000 au standard 2000-5 avec une large contribution de l’industrie grecque.

L’exemple de la Grèce pourrait faire des petits en Europe. La Finlande et la Suisse envisagent de s’équiper en avions de combat et ont retenu le Rafale dans leur sélection finale.

Après une longue période de disette, Dassault Aviation confirme une nouvelle fois le potentiel à l’export de son avion de combat. Aujourd’hui trois pays étrangers ont fait le choix du Rafale : l’Egypte, le Qatar et l’Inde qui vient de recevoir ses premiers appareils.

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