Dassault Aviation est aussi rattrapé par la crise du Covid-19. A l’occasion de la publication de ses résultats semestriels le 23 juillet 2020, le groupe affiche un chiffre d’affaires en recul de 13% à un peu plus de 3 milliards d’euros. Les prises de commandes s’écroulent, passant de 2,9 milliards à 984 millions d’euros, une évolution due essentiellement au fait que l’avionneur avait décroché l’an dernier un contrat exceptionnel de dix ans pour la maintenance des Rafale France (contrat RAVEL). Le résultat net ajusté plonge de 286 millions d’euros à 87 millions d’euros.
Le groupe doit clairement faire face à une sous-charge industrielle.
"En fonction des hypothèses de commandes Rafale complémentaires et de retour de la commande Falcon, nous verrons comment adapter nos effectifs à cette charge prévisionnelle. Tout cela est fait en grande transparence avec les représentants du personnel et les organisations syndicales de la société", a précisé Eric Trappier, PDG du groupe Dassault Aviation.
13 Rafale livrés à l'export

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Encore une fois, le groupe de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) peut amortir le choc grâce à son avion de combat. Dassault Aviation a précisé avoir livré 7 Rafale aux forces armées indiennes. Pour l’ensemble de l’année, l’avionneur compte livrer au total 13 Rafale à l’export et 30 jets d’affaires Falcon au lieu des 40 initialement prévus.
Les perspectives à moyen terme restent incertaines. "Les effets de la crise risquent d’être durables tant de nombreux secteurs économiques sont affectés. Notre marché Falcon est directement impacté et la perspective de nouveaux contrats Rafale Export se décale", explique le groupe dans un communiqué.
Des Rafale d'occasion pour la Croatie ?
Dassault Aviation fondait jusqu’ici de grands espoirs sur 2021, année pendant laquelle la Finlande, la Suisse pourrait sélectionner leur appareil de combat et où le Rafale figure parmi les appareils short-listés. Cette année-là, la Croatie pourrait également devenir un client de Dassault Aviation, en rachetant des Rafale d’occasion auprès des armées françaises. Ce qui serait une première pour ce type d'appareils.
Toutefois, la crise sanitaire pourrait remettre tout ce calendrier en cause. "Nous avons repris les prospections à l’exportation pour gagner des contrats nouveaux sur le Rafale. Ce qui prendra peut-être un peu plus de temps puisque l’effet Covid n’est pas fait pour accélérer les contrats dans les pays qui sont touchés par cette crise, soit directement d’un point de vue sanitaire soit indirectement d’un point de vue économique", a reconnu Eric Trappier.
Discussions avec les armées pour des commandes supplémentaires
Hors les contrats exports restent indispensables pour faire tourner la chaine d’assemblage de Mérignac (Gironde). Pour rappel, l’avionneur estime nécessaire de produire 11 avions par an pour maintenir ses compétences et celles de ses 500 sous-traitants. C’est d’autant plus vrai que l’industriel doit faire face "au trou de la LPM (loi de programmation militaire)" qui prévoit que les armées françaises ne réceptionneront pas de nouvel appareil sur les années 2020 et 2021. Le ministère des Armées a déjà fait savoir que ses livraisons "reprendront intensément en 2022, 23 et 24".
Le patron du Rafale mise également sur des commandes complémentaires. "Nous sommes en train de discuter de tranches complémentaires avec la France pour le Rafale et avec certains pays à l’exportation" a précisé le dirigeant devant les journalistes.
En 2019, à l’occasion d’une visite à Mérignac (Gironde), la ministre des armées Florence Parly avait annoncé la commande de 30 nouveaux Rafale qui seraient livrés entre 2027 et 2030. Elle avait également annoncé un contrat pour Dassault Aviation et ses partenaires de mise à niveau des appareils au dernier standard disponible, le standard F4. Ce contrat, évalué à environ 2 milliard d’euros, doit permettre de consolider 2500 à 5000 emplois directs et indirects.



