Elles feront désormais cause commune. La réorganisation par marque du groupe Renault, détaillée dans le cadre du plan stratégique présenté jeudi 14 janvier, a consacré le rapprochement des marques roumaine et russe, Dacia et Lada, au sein d’une même business unit. Un rapprochement qui vise à améliorer les synergies, et devrait donc participer à la chasse aux coûts engagée par Renault.
"Les deux marques auront leur propre stratégie, mais elles tireront parti d’une gouvernance plus dédiée, plus recentrée, mieux coordonnée. Elles seront mieux intégrées au groupe Renault pour tirer parti des synergies possibles", s’est ainsi félicité Denis Le Vot, directeur général de Dacia et Lada, lors de la présentation en ligne de la feuille de route "Renaulution".
Les modèles Dacia et Lada reposeront ainsi sur la plateforme de l’Alliance CMF-B. Un choix qui doit permettre de passer 4 à une seule plateforme, et de 18 à 11 caisses. "Nous aurons un carry-over [taux de réutilisation des pièces, ndlr] de 85% entre modèles, et améliorerons la qualité des produits d’un point de vue technique puisque cette plateforme est toute nouvelle", a détaillé Denis le Vot.
Dacia attaque le segment C

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De quoi permettre de "maintenir le modèle économique unique en son genre" des marques, reposant sur "une approche design to cost […] qui tire parti des solutions technologiquement amorties dans le groupe, des coûts de main d’œuvre qui représentent moins d’un quart de ce que l’on voit en Europe occidentale, et un taux d’intégration locale extrêmement élevé", selon leur directeur général.
Les véhicules Dacia et Lada sont en effet produits dans des pays à bas coût de main-d’œuvre, en Russie, Roumanie et au Maroc. Les usines y tournent souvent à plus de 90% de leurs capacités et affichent des taux d’intégration mirobolants. Pitesti, au nord de Bucarest en Roumanie, affichait en 2018 un taux atteignant jusqu’à 90% selon les modèles et les motorisations… Bien loin des usines françaises.
Mais dans le même temps, le groupe Renault acte la montée en gamme de Dacia avec la présentation d’un premier véhicule positionné sur le segment C, baptisé Bigster. Un choix en phase avec les objectifs du directeur général Luca de Meo, qui souhaite faire monter le constructeur tricolore sur des segments plus profitables que le B, dont le groupe s’est fait une spécialité.
En faire "des marques internationales"
"Avec le segment C, Dacia sera en position d’augmenter son prix moyen d’environ 30% grâce à son nouveau portefeuille" a confirmé Denis Le Vot. En plus du Bigster, deux autres modèles seront lancés d’ici à 2025 par Dacia, et viendront s’ajouter à la Spring 100% électrique et aux nouvelles versions des incontournables Sandero et Logan.
Côté Lada, c’est le 4x4 Niva qui inaugurera la plateforme CMF-B, avec deux déclinaisons. Malgré l’approche prudente du groupe en matière d’internalisation, "ces produits ont un espace au-delà du marché russe" a averti Denis Le Vot, qui veut faire de Lada et Dacia "des marques internationales à part entière" et "aller au-delà de leurs périmètres actuels en termes de marchés et de segment".
A elles deux, Dacia et Lada ont représenté quasiment 905 000 ventes en 2020 – quasiment 521 000 unités pour la première et 384 000 pour la seconde – sur les 2,9 millions de modèles écoulés à travers le monde à l’échelle du groupe. Un succès pour le projet porté par l’ancien dirigeant de Renault, Louis Schweitzer, qui avait acté le rachat de Dacia en 1999, en même temps que la création de l’Alliance.



