Infographie

Pour les grandes entreprises industrielles, la réduction de l’empreinte carbone passe d'abord par l'efficacité enérgétique

Le 23 novembre, KPMG et la Fabrique de l’Industrie ont publié une enquête sur la décarbonation des grandes entreprises. Les deux structures ont interrogé pour cela 38 dirigeants, dont 29 industriels. L’étude montre un penchant des industriels pour les méthodes «traditionnelles» de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dont l’économie d’énergie.

Réservé aux abonnés
Vue aérienne Aluminium Dunkerque
72% des entreprises industrielles disent être conformes au timing de leur plan de transition énergétique.

«Les grandes entreprises ont-elles bien pris la mesure de l’urgence climatique ?», questionne David Lolo, chargé d’études à la Fabrique de l’Industrie. Il y a de quoi s'interroger : parmi les 29 grands industriels interrogés dans le cadre d’une enquête menée en collaboration avec KPMG, seuls 57% ont intégré des objectifs de réduction d’empreinte carbone compatibles avec la Stratégie nationale bas carbone actuelle (SNBC 2).

Ce taux est même plus bas si on étudie la conformité avec la SNBC 3, qui devrait être publiée en 2024 : seules 39% des entreprises industrielles affichent des objectifs qui y correspondent.

«Un certain attentisme» des entreprises n’est pas la seule hypothèse pour expliquer ce manque d’ambition. «Ils peuvent témoigner d’une réglementation environnementale à dominante incitative (par l’augmentation du coût du carbone par exemple) et qui ne pousserait pas suffisamment les entreprises industrielles à se saisir des injonctions de la SNBC», avance l’étude.

Des méthodes éprouvées

Ces ambitions affectent directement les moyens mis en place pour abaisser l’empreinte carbone. Pour réduire les émissions directes, les entreprises misent principalement sur des solutions traditionnelles comme l’économie d’énergie et l’électrification des procédés. «A l’inverse, elles sont plus réservées sur des choix plus abrupts, par exemple modifier leur modèle d’affaires», peut-on lire dans l’étude.

Les nouvelles technologies comme l’hydrogène bas carbone et la capture et séquestration du carbone (CCUS) sont, quant à elle, peu envisagées à ce stade. Certains industriels, comme Aluminium Dunkerque, 28e au classement des 50 sites industriels les plus émetteurs en France, misent quand même sur le CCUS . «A l’horizon 2030, les investissements pour la transition sont de plus de 250 millions. Nous avons donc besoin du support des pouvoirs publics», déclare Guillaume de Goÿs, PDG d’Aluminium Dunkerque. Un appel au soutien de l’Etat qui illustre bien le premier obstacle à la décarbonation pointé par les industriels : le montant élevé des investissements nécessaires. De 50 à 70 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires afin de réduire de 45% les émissions des premiers 50 sites industriels français les plus polluants d’ici 2030...

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.