Pour garantir l’électrification des usages, Enedis va mettre la main à la poche. Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité a présenté lundi 13 mars les travaux préparatoires à son plan de développement, mis à jour tous les deux ans, qui fixe la trajectoire de ses investissements à horizon 2027 et 2032. La filiale d’EDF prévoit un budget colossal - environ 5 milliards d’euros d’investissements par an d’ici à 2032 avec un pic à 5,5 milliards d’euros en 2027, contre 4,4 milliards en 2022 et 2,9 en moyenne sur la période 1980-2020 - pour adapter son réseau aux nouveaux enjeux de la transition énergétique. Au total, 96 milliards d’euros seront mis sur la table d’ici à 2040.
Raccorder des opérateurs privés
Le raccordement des infrastructures de recharge des véhicules électriques, des installations de production d’énergie renouvelable comme le photovoltaïque ou l’éolien ou encore l’adaptation du réseau, en particulier des ouvrages à risques, aux aléas climatiques (vents violents, épisodes de givre ou de neige collante, crues ou encore forte chaleur) seront d’importants postes de dépenses pour Enedis dans le futur.
Ainsi, la société estime que la France comptera 13 millions de véhicules électriques à l'horizon 2032. Il s’agira pour elle de raccorder les infrastructures de recharge sur autoroute mais surtout dans le résidentiel collectif. Pour cela, deux options s’offrent à elle : raccorder un opérateur privé en charge du parking collectif et de la gestion des bornes en aval du point de livraison Enedis ou déployer elle-même les infrastructures qu’elle relierait ensuite à une «colonne horizontale» Enedis pour desservir chaque place de parking équipée. Le plan de développement du réseau prévoit de faire progressivement monter en puissance cette deuxième solution, encore en phase de démarrage, à laquelle Enedis envisage d'avoir recourt à hauteur de 50% dans un premier temps.
Des recrutements massifs
Concernant les renouvelables, Enedis table sur un parc photovoltaïque raccordé au réseau public de distribution d’une capacité de 42 gigawatts en 2032, contre 14 en 2022. La puissance installée de l’éolien terrestre atteindrait à elle seule 28 GW en 2032. Pour parvenir à faire face à cet essor conséquent, l’entreprise de 38 000 salariés va devoir recruter et ce, le plus tôt possible. Elle a annoncé en février 2023 qu’elle allait engager 2 900 personnes au cours de l'année afin de «bâtir la nouvelle France électrique dans les régions». Cela représente une augmentation de 10% par rapport aux recrutements de 2022 et le plus haut niveau d’embauches depuis 2016.
Ce plan de développement du réseau sera toutefois amené à évoluer en fonction de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie pour 2024-2033, qui devrait être présentée par le gouvernement à l’été 2023. Enedis compte financer ses investissements en recourant à la dette mais aussi en révisant à la hausse le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Les utilisateurs devront donc eux aussi mettre la main au porte-monnaie…



