Chronique

Plombée par ses performances aux Etats-Unis, la machine Stellantis s'enraye

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Carlos Tavares
Carlos Tavares, PDG de Stellantis, lors de la visite d'une usine du groupe à Detroit, aux Etats-Unis.

La sortie de route est brutale pour Stellantis. Une chute de plus de 12% en Bourse, accusée lundi 30 septembre. C’est la plus forte baisse de l’histoire de l’entreprise, née en 2021 du rapprochement de Fiat Chrysler et de PSA Peugeot Citroën. La raison : le groupe a revu à la baisse ses prévisions de marges... et bien plus qu’attendu. Carlos Tavares avait réussi à faire de son groupe l’un des plus rentables au monde, mais la fête est finie.

Si le groupe gagne moins d’argent c’est avant tout à cause des Etats-Unis, sa poule aux oeufs d'or. Avec des marques comme Chrysler, ou Jeep, Stellantis réalisait sur place des performances stratosphériques. Mais le groupe a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre. Malgré des problèmes dans ses usines et une offre un peu vieillissante, le groupe a produit trop de voitures. Résultat, des dizaines de milliers de véhicules dorment sur les parkings des concessionnaires. Il faut donc faire des rabais pour les écouler et ralentir les cadences de production.

Stellantis face à l'hiver électrique

A cela s'ajoute l'arrivée de ce que l’on appelle l’hiver électrique : le fait que les voitures électriques se vendent moins bien que prévu. Notamment parce que de nombreux pays ont coupé les subventions. Ajoutez à cela une économie mondiale qui prend froid et il n’en faut pas plus pour faire tousser les constructeurs.

Stellantis est loin d’être le seul. Volkswagen a lui aussi revu, il y a quelques jours, ses prévisions à la baisse. L’allemand laisse même entendre qu’il pourrait fermer des usines chez lui. Tout le secteur s’enrhume. Il suffit de voir le niveau des ventes de voitures en France le mois dernier.

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La question est désormais de savoir si Stellantis peut se relancer. Certains commencent à se demander si la stratégie de Carlos Tavares n’arrive pas au bout. Il a coupé les coûts, tout en gardant un outil industriel pléthorique. Cela au prix d’une certaine pressurisation et donc d'un turn-over de son management. Mais c’est bien connu : c'est dans la tempête que l'on reconnaît le marin.

Au moment où la houle est au plus fort, Carlos Tavares a fort à faire pour relancer son groupe s’il veut, comme il l’a promis, faire partie des cinq constructeurs encore en vie dans dix ans. 

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