Participation et intéressement atteindront 4300 euros minimum chez Stellantis

Le groupe automobile Stellantis, qui a annoncé des bénéfices record de 16,8 milliards d’euros en 2022, a décidé d’en redistribuer 2 milliards à ses salariés dans le monde. En France, ils toucheront entre 4300 et 6190 euros de participation et intéressement.

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Pose de batteries sur le site de Stellantis à Sochaux
Entre octobre 2022 et avril 2023, les ouvriers de Stellantis toucheront au minimum 5300 euros, 4300 euros de participation et intéressement, et 1000 euros de prime de partage de la valeur. Une façon pour le groupe automobile de partager ses presque 17 milliards d'euros de bénéfices nets dans le monde en 2022.

«Heureux». Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines et de la transformation de Stellantis, l’a répété plusieurs fois, le 22 février, en présentant les conséquences RH des bons résultats annuels de son groupe : il est «heureux» de pouvoir en faire profiter les salariés à un niveau jamais atteint depuis dix ans, dans un contexte mouvementé pour le secteur automobile. Les bénéfices record du groupe en 2022 – 16,8 milliards d’euros – permettent d’en verser 2 milliards aux salariés dans le monde, soit 200 millions d’euros de plus qu'en 2022. Selon les pays et les accords, cela passera par de la participation et de l’intéressement, des parts variables, des augmentations décidées par les managers, a précisé Xavier Chéreau.

En France, où un accord portant sur la participation et l’intéressement avait été signé en juin 2022, les salariés toucheront en avril au minimum 4300 euros pour un ouvrier, soit 587 euros de plus que ce qu’aurait donné la simple application de la formule de calcul prévue par l’accord, et 300 euros de plus qu'en 2022. Ce total correspond à 2,4 mois de salaire pour les premiers niveaux de rémunération, l’accord de juin ayant choisi un mécanisme favorisant les plus bas salaires. Pour les cadres, la prime de participation et d’intéressement pourra atteindre un maximum de 6190 euros, supplément inclus. Au total, ce sont 8,84% de la masse salariale qui seront redistribués par ce biais.

Les syndicats attendent plus

En octobre, Stellantis avait décidé de verser une prime de partage de la valeur à ses salariés, de 1000 euros pour ceux qui touchent moins de 2 Smic. Les négociations annuelles obligatoires (NAO), avancées, avaient abouti à une hausse de l’enveloppe globale des salaires de 5,3%, un accord signé par des syndicats pesant 60%, les autres ayant jugé l’augmentation insuffisante.

Première organisation syndicale du groupe à réagir, la CFE-CGC, dans un communiqué, réclame «un partage plus fort des fruits de la croissance», car «les salariés (…) à l’origine de la création de valeurs dans l’entreprise méritent d’être encore plus associés aux excellents résultats du Groupe Stellantis, de manière équitable et pérenne». Dans sa ligne de mire : les augmentations de salaires. Rendez-vous est donné en juin, date à laquelle une clause de revoyure de l’accord de NAO prévoit de rediscuter des augmentations.

La CFDT se montre nettement plus mécontente, critiquant notamment la faible hausse (20 euros) du supplément accordé par la direction au montant participation/intéressement (pour rappel, 587 euros pour un ouvrier) «Ces primes sont nettement en-dessous des attentes et ne reflètent absolument pas l'engagement des salariés et la superperfomance économique», écrit le syndicat dans un communiqué. La CFDT s'indigne par ailleurs que dans la redistribution des richesses, les actionnaires soient privilégiés: ils se partagent 4 milliards d'euros contre 2 milliards pour les salariés.

Partage de la valeur

Xavier Chéreau a annoncé que 2023 serait l’année de lancement d’un plan de développement de l’actionnariat salarié dans le monde. Un système "classique" de tarif préférentiel et d’abondement par l’employeur sera mis en place, pour que les collaborateurs détiennent très rapidement 5% du capital, pour viser ensuite les 10%. «Stellantis mène une politique volontariste en matière de partage de la valeur (…), nous souhaitons avoir une approche très offensive» sur le sujet, a conclut le DRH du groupe.

Ce n’est pas un hasard s"il a utilisé à plusieurs reprises ce terme de "partage de la valeur", politiquement très sensible en cette période de forts profits de certains groupes. Les partenaires sociaux doivent entériner ce 22 février la signature d’un accord national interprofessionnel sur le sujet, notamment pour étendre la participation aux petites entreprises. Et la Première ministre Elisabeth Borne, qui s'est engagée à reprendre ans la loi le contenu de l'accord, a laissé entendre, lundi 20 février lors d’une convention du parti Renaissance, que le gouvernement souhaitait légiférer pour un meilleur partage des "profits exceptionnels" des entreprises avec les salariés. En communiquant sur les montants redistribués aux salariés, Stellantis prend les devants : pas de besoin de légiférer, les entreprises savent partager, dit-il au gouvernement.

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