Analyse

Paradoxalement, l’échec du Starliner de Boeing valide la méthode de la Nasa

Le vaisseau spatial Starliner et son incapacité à ramener les astronautes américains ont donné des sueurs froides à la Nasa. Cet échec valide pourtant la méthode de l’agence spatiale américaine d’avoir recours aux acteurs privés pour les missions en orbite basse… en veillant à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

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Boeing Starliner
Du fait de multiples défaillances, la NASA a estimé qu'il était trop risqué que la capsule Starliner de Boeing rentre sur Terre avec les deux astronautes qu'elle avait emmenés à l'ISS en juin dernier

Le 7 septembre dernier, la capsule Starliner a effectué son retour en atterrissant sur la base de White Sands au Nouveau Mexique. Tout s’est bien passé et, pourtant, la mission s’avère être un échec cuisant. Pour qui ? Pour Boeing, son constructeur. Du fait de défaillances pouvant mettre en péril la sécurité du vol, sa capsule n’a pas atteint son objectif de ramener les deux passagers qu’elles avaient envoyés dans la station spatiale internationale (ISS) en juin dernier.

Résultat des courses : les naufragés de l’espace sont contraints à un séjour forcé de plusieurs mois dans l’ISS. Ils ne rentreront sur Terre qu’en 2025… à bord d’une capsule du concurrent SpaceX.

La Nasa peut se féliciter de pouvoir compter sur un deuxième taxi spatial "made in USA". Que se serait-il passé si l’agence n’avait dépendu que de Boeing et si les corrections sur le Starliner s’étaient avérées complexes et longues à réaliser ?

Au début des années 2010, l'agence spatiale américaine a eu suffisamment de flair pour éviter de se retrouver dans une telle situation. Elle avait tiré toutes les leçons de l’échec de ses propres navettes, les space shuttle, quand elle a été contrainte de les clouer définitivement au sol pour des problèmes de fiabilité et de coûts. Elle s’était alors retrouvée sans solution... et dépendante des Soyouz russes pour envoyer ses astronautes vers l’ISS !

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Même méthode pour atterrir sur la Lune

Pour concevoir la génération suivante, elle a décidé de mettre en concurrence les acteurs privés et surtout d’en sélectionner au moins deux pour s’assurer d’une solution de repli en cas de défaillance de l’un ou de l’autre. Bien lui en a pris.

La Nasa a alors investi plus de 8 milliards de dollars dans le cadre de son programme de vol habité privé. En 2014, Boeing et Space X sont sélectionnés. «C’était un moyen de dé-risquer le programme. Cela n’a toutefois pas été sans surprise car c’est le challenger SpaceX, qui n’avait jamais fait de vol habité, qui a été le premier opérationnel et pour moins cher !», explique Pascal Fabre, expert dans le domaine aérospatial au sein du cabinet AlixPartners.

Dix ans après, la comparaison pour Boeing fait mal. Ces quatre dernières années, la société d’Elon Musk a transporté avec succès plus de 50 astronautes à travers 14 missions de vol habité tandis le Starliner n'a même pas complété sa première mission en juin dernier. En sélectionnant également deux fournisseurs pour son atterrisseur lunaire (SpaceX et Blue Origin), la Nasa a sûrement fait le bon choix.

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