Les affaires vont bon train du côté de Rungis (Val-de-Marne), où Pandobac a été créé il y a maintenant six ans. Comme tant d’autres start-up, l’entreprise fondée par Roch Feuillade, Anaïs Ryterband et Shu Zhang, s’est lancée sur le marché du réemploi avec l’objectif de louer des emballages réutilisables pour assurer le transport des marchandises alimentaires des grossistes vers les restaurants. Sa proposition ? Convaincre les clients de passer au réemploi pour éviter d’utiliser des emballages à usage unique tels des caisses en carton, des cagettes en bois, de contenants en polystyrène. Elle a depuis séduit de nombreux industriels, du groupe Bel à Bigard en passant par le mareyeur Reynaud, les Vergers St-Eustache ou encore Metro.
Une nouvelle ligne de lavage
L’entreprise, qui a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires de 1 million d’euros avec un effectif de quinze personnes, vient de lever 1,5 million d’euros grâce à l’intermédiation de Cenitz, qui fait son entrée au conseil d’administration de la société représenté par Paul-Henri Fréret, et en recourant à ses investisseurs historiques, dont BNP Paribas développement, et à la plate-forme de financement participatif Tudigo. « Cet argent servira à plusieurs choses, indique Shu Zhang, et tout premièrement à l’achat d’une nouvelle ligne de lavage qui remplacera l’ancienne à Rungis. Plus performante, plus économique aussi en énergie et en eau, elle nous permettra de monter en puissance alors que la demande ne cesse d’augmenter».
L’installation affiche une capacité de lavage de 4 millions de bacs par an. Pandobac compte également renforcer son parc d’emballages, constitué de 50 000 bacs en polypropylène (PP) et en polyéthylène haute densité (PE), et améliorer leur traçabilité, effectuée au moyen d’antennes de radio-identification (RFID) et QR codes. L’entreprise possède à la fois des modèles de caisses standard (600 x 400 mm), de différentes hauteurs, et des bacs personnalisés, développés pour le compte de certains clients qui en font la demande. Elle a, par exemple, mis au point, grâce à son propre bureau d’études, une caisse spéciale pour la marée. Il est aussi question de diversifier la clientèle. Avec un modèle économique qui est basé sur la location et le lavage des bacs, l’entreprise, qui s’était initialement développée sur le marché des restaurants, veut maintenant renforcer sa présence auprès des cuisines centrales, dans les collectivités, les cantines ou encore les EHPAD, et sur le marché de la grande distribution. Cette activité représente déjà 50% de ses flux qui se montent à 700 000 rotations par an.
Répondre à des demandes complexes
La start-up met en avant une approche plus agile par rapport aux poolers historiques, comme Ifco et Euro Pool qui dominent sur le marché des fruits et légumes. « Nous sommes les seuls à être présents à la fois chez les restaurateurs et en grande distribution, notre expertise se base aussi sur la réponse à des demandes complexes, qui passent par la conception d’emballages spécifiques et la mise en place de circuits dédiés », indique Shu Zhang. Depuis sa création, Pandobac a permis d’éviter l’utilisation de plus de 1 million d’emballages à usage unique. Le déploiement de la loi Agec a servi de catalyseur pour son développement qui a connu une brusque accélération en 2021, notamment auprès des industriels. « Des entreprises comme Bel recourent à nos services pour des questions liées à une démarche en environnement quand d’autres comme Transgourmet veulent prendre de l’avance sur des mutations réglementaires », précise la responsable. Et de conclure : « Il y a maintenant un vrai changement dans les mentalités, les gens se posent la question de l’environnement beaucoup plus qu’avant, c’est ce qui les pousse à aller vers le réemploi et le vrac, c’est un mouvement inéluctable. »



