Orange accélère sa préparation à la révolution Open RAN… Mais sans Nokia ni Ericsson

Après un premier test à Lannion (Côtes-d'Armor), Orange étend l’expérimentation de la technologie Open RAN sur son campus d’innovation à Châtillon (Hauts-de-Seine). Mais pas de Nokia ni d’Ericsson en vue: les technologies clés proviennent de l’américain Mavenir et du japonais NEC. 

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Orange 5G Lab à Châtillon
Orange poursuit l’expérimentation de la technologie Open RAN sur son campus d’innovation à Châtillon (Hauts-de-Seine).

Orange donne un coup d’accélérateur à sa stratégie dans les réseaux d’accès radio ouverts au standard Open RAN. L’opérateur télécom historique français lance une extension de son réseau expérimental Pikeo sur son campus d’innovation à Châtillon, dans les Hauts-de-Seine. De quoi lui faire passer un nouveau cap dans sa préparation au déploiement de cette technologie dans ses réseaux 5G. Ce réseau expérimental a été d’abord déployé en juin 2021 à Lannion, dans les Côtes-d’Armor.

L’Open RAN n’est pas une nouvelle technologie au sens de la 5G. Il s'agit plutôt d'une nouvelle façon de construire le réseau d’accès radio formé, dans sa partie visible, par les antennes-relais. Au lieu des boîtes noires de Nokia, Ericsson et Huawei, l’opérateur télécom crée ses propres solutions en intégrant des briques de plusieurs fournisseurs. De quoi se libérer des équipementiers télécoms traditionnels, faire jouer davantage la concurrence, favoriser l’innovation et rendre les réseaux plus intelligents grâce au logiciel et au cloud. Chaque brique est interchangeable et son interopérabilité avec les autres est assurée par les standards définis au sein du consortium O-RAN Alliance.

Deux partenaires extra-européens à Châtillon

Trois nouveaux réseaux mobiles sont entièrement construits en Open RAN à travers le monde: celui de Rakuten au Japon, de Dish Network aux Etats-Unis ainsi que celui de 1&1 Drillisch en Allemagne. En Europe, les deux opérateurs télécoms traditionnels les plus avancés sont l’espagnol Telefonica, et le britannique Vodafone. Ils en sont au déploiement commercial. Orange a choisi d’attendre l’extinction de son réseau 2G en 2025 en France pour débuter le déploiement, le temps de maîtriser les questions d’intégration, de performances, de coûts et de sécurité, et de bénéficier des gains de maturité de la technologie. Car cette approche nouvelle augmente la complexité et le coût de gestion des réseaux.

Orange se targue d’être l’un des cinq fondateurs en 2018 de l’O-RAN Alliance. Signe de son engagement, l'opérateur français a conclu début 2021 un mémorandum avec Vodafone, Deutsche Telekom et Telefonica, avec l’objectif de favoriser l’émergence d’un écosystème européen autour de cette technologie. Car pour l’heure, l’Europe dépend presque exclusivement dans l’Open RAN de fournisseurs américains et asiatiques. Et ce, même si le directeur de l'innovation chez Orange, Michael Trabbia, rappelle à L'Usine Nouvelle travailler sur le sujet aussi avec Nokia et Ericsson, les deux équipementiers télécoms traditionnels de l’opérateur français.

Orange travaille notamment avec ces deux partenaires au sein de son centre de test et d'intégration de l'Open RAN ouvert en mars 2021 sur son campus de Châtillon. L’expérimentation Pikeo à Châtillon s’appuie toutefois sur deux partenaires clés extra-européens: l’américain Mavenir pour le logiciel Open RAN et le japonais NEC pour l’équipement radio. Un choix qui en dit long sur les risques potentiels pour Nokia, Ericsson et Huawei, qui semblent se cramponner à leurs solutions traditionnelles, alors que Samsung, NEC et Fujitsu ont choisi de jouer à fond la carte de l’Open RAN.

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