Stellantis a en grande partie décidé de bouder le salon de l’automobile de Munich (Allemagne). Mais sa marque locale Opel se devait d’être présente, même discrètement. Son PDG, Florian Huettl, a dévoilé lundi 4 septembre un nouveau concept car «Experimental», un crossover 100% électrique censé donner un aperçu des futurs designs de la marque au blitz. Deux autres véhicules sont également présents en avant-première mondiale : l’emblématique Corsa en version électrique ainsi que le break Astra Sports Tourer, lui aussi doté d’une batterie. Ces deux nouvelles variantes électriques de modèles existants viennent compléter une gamme qui s’électrifie rapidement : chaque véhicule Opel doit disposer d’une déclinaison 100% électrique en 2024.
VDA/IAA MOBILITY «Nous ne sommes pas prêts, nous sommes en avance» sur la transition électrique, a déclaré devant la presse le dirigeant d'Opel, Florian Huettl, depuis Munich le 4 septembre. © IAA Mobility
A cet horizon, le choix d'opter pour le traditionnel moteur thermique ou de s'orienter vers l’électrique, «sera entre les mains des consommateurs», déclare un Florian Huettl tout sourire. Mais le tournant de l’électrique ne s’arrête pas là pour Opel, qui joue à fond la carte du chef de file. A partir de 2025, la marque ne lancera plus que des voitures 100% électriques, conçus sur les plateformes modulaires dédiées de Stellantis (STLA Small, Medium, Large et Frame). Selon toute vraisemblance, les premiers modèles arriveront sur le marché en 2026. Mais dès 2028, la gamme ne comportera plus aucun modèle thermique. «Notre stratégie multi-énergies rend le passage à l'électrique très facile tant d'un point de vue industriel que marketing», se félicite Florian Huettl, en poste depuis juin 2022.
Opel vise aussi un véhicule électrique «autour de 25 000 euros»
Le dirigeant veut croire en la capacité d’Opel à séduire les automobilistes avec ses véhicules électriques et sait que cette tâche sera plus simple s’ils sont accessibles à des prix démocratiques. Comme de nombreux autres constructeurs, Opel souhaite introduire en 2025 un modèle électrique de segment B «autour de 25 000 euros». Actuellement, l'Opel Corsa électrique est disponible à partir de 29 050 euros, bonus écologique de 7 000 euros déduit. «Grâce aux plateformes dédiées à l’électrique, ce genre de prix sera à notre portée, et sans incitations financières», promet Florian Huettl, qui se félicite des récents résultats d’Opel, dont 85% des ventes se font sur le sol européen. «Nos ventes cette année sont en croissance de 11%, celles de nos modèles électriques sont en croissance de 34%».
Malgré ces hausses des ventes, Opel a écoulé un peu plus de 22 000 véhicules en France au premier semestre, pour 2,5% de part de marché contre 2,6% sur la même période un an plus tôt. «Nous sommes en train de récolter les fruits de notre stratégie d'électrification», assure encore le dirigeant de la marque, qui se dit en «bonne position» pour réussir à s’imposer sur le marché des véhicules à batterie électriques (BEV). Sur ce segment, Opel ne se place toutefois qu’en quatorzième position au niveau européen, avec 28 705 véhicules écoulés et 3,22% de part de marché au premier semestre.
En France, la marque allemande détient 2,58% du marché BEV, pour 3 558 immatriculations. Elle produit depuis 2020 son modèle Mokka à Poissy (Yvelines), où est également conçue la DS3. Son véhicule utilitaire Vivaro est lui assemblé sur le site d’Hordain (Nord).



