Très automatisée et peu dépendante de procédés émetteurs, la production de biens d’équipements semble pouvoir devenir soutenable sans trop d’efforts. Mais l’expérience de Schneider Electric, réputé très bon élève et engagé pour une trajectoire 1,5 °C, pointe les difficultés du secteur.
Ayant récemment relevé ses ambitions, Schneider mentionne vouloir atteindre la neutralité carbone pour ses émissions opérationnelles (570 000 tonnes en 2018) en 2025. Ce qui passe par des gains d’efficacité énergétique et une électrification des usages fossiles restants dans les sites du groupe, ainsi que par l’utilisation d’une électricité 100 % renouvelable d’ici à dix ans, comme sur son X-Pole à Grenoble (Isère), contre près de 50 % fin 2019. Particularité : ses produits mobilisent du SF6, un gaz réchauffant dont il cherche à limiter les fuites et l’usage. Pour 2025, Schneider Electric compte notamment sur sa participation dans le fonds Livelihoods, qui génère des certificats d’émissions en finançant des projets de développement agricole, pour compenser ses émissions restantes. Dès 2030, Schneider vise ainsi le zéro net sans compensation. Mais du côté des émissions de sa chaîne d’approvisionnement (le scope 3, qui comprend notamment le transport et l’achat de biens et de matériaux), son empreinte carbone est plus élevée (6 900 000 tonnes de CO2 en 2018), et sa diminution plus ardue. L’industriel veut quand même la réduire de 35 % d’ici à 2030 et l’annuler en 2050, grâce au recyclage et de nouvelles technologies.



