Le contrat du siècle de Naval Group en Australie est-il en péril… une fois de plus ? A nouveau, le programme de conception et de livraison de douze sous-marins à la marine australienne est au cœur d’une nouvelle tempête. L’enjeu pour Naval Group comme pour l’Australie est énorme, à la hauteur du contrat signé en 2016 entre les deux parties, soit plus de 57 milliards d’euros. Plus gros contrat d’armement jamais signé par le pays, le programme est scruté de toutes parts et a fait l’objet de critiques concernant des dépassements en termes de coûts et de calendrier.
Ainsi, les sénateurs ont tenu à auditionner, mercredi 2 juin, l’un des plus hauts responsables du ministère de la Défense australien, Greg Moriarty, sur la gestion du programme. Le responsable a reconnu l’existence de difficultés et évoqué la nécessité de disposer d’un plan B en cas d’échec … tout en rappelant la détermination absolue du ministère à trouver des solutions avec Naval Group. Par ailleurs, selon des déclarations précédentes de membres du gouvernement australien, le recours à une offre industrielle alternative ne serait pas d’actualité, que ce soit auprès de l’allemand TKMS, perdant de l’appel d’offres face à Naval Group en 2016, ou du suédois SAAB, fabricant de la flotte actuelle de sous-marins.
Un programme de souveraineté majeur
Comment expliquer alors ces tensions à répétition autour du programme australien ? Les programmes d’armement d’une telle ampleur connaissent tous leurs lots de difficultés et conduisent à des discussions âpres entre l’industriel et le client. D’autant plus que dans le cadre du programme australien, au-delà de la livraison des sous-marins, le contrat prévoit de créer une nouvelle industrie souveraine

- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 101.16-2.7
1 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
pour cette capacité de défense critique.
En mars dernier, le PDG de Naval Group, Pierre Eric Pommellet, avait fait le déplacement en Australie, pour déminer une situation déjà compliquée. Quitte à subir deux quarantaines, l’une à son arrivée à Adélaïde, l’autre à son retour à Paris. Le dirigeant s’était alors engagé à ce qu’au moins 60% de la valeur du contrat pour la fabrication des douze sous-marins destinés à la Royal Australian Navy soient dépensés au profit de l’industrie et des emplois australiens.
Par ailleurs, le contexte politique a tendance à générer une certaine forme d’hystérisation autour de ce programme emblématique. Le contrat des sous-marins est une cible idéale à torpiller pour l’opposition qui critique la mauvaise gestion du gouvernement.
Au plus fort de cette tempête, Naval Group veut maintenir le cap. Le groupe a récemment réitéré son engagement de livrer les sous-marins conventionnels les plus avancés au monde avec des performances en matière de discrétion acoustique largement supérieures à celles des sous-marins actuels de la classe Collins de la Royal Australian Navy.
1 milliard de dollars australiens d'appels d'offres
Fin mai, le maître d’œuvre industriel a lancé un appel d’offres évalué à 100 millions de dollars australiens auprès des acteurs locaux concernant la construction du chantier naval à Osborne, près d’Adélaïde. Cela porte à plus d’un milliard de dollars australiens (630 millions d’euros) le montant cumulé des appels d’offres déjà passés. Le chantier de construction des sous-marins sort de terre comme prévu et l’installation doit atteindre sa pleine cadence en 2028 avec 1 800 salariés mobilisés. A Brest, une cinquantaine d’ingénieurs australiens a déjà été formée aux techniques de conception et de fabrication des sous-marins. L’objectif est toujours de livrer le premier sous-marin à l’horizon 2030. Naval Group l’a bien compris : faire avancer le programme est le meilleur moyen de faire taire les critiques.



