L’opération déminage lancée par Naval Group pour sauver le méga contrat des sous-marins australiens a porté ses fruits. L’industriel tricolore et les autorités australiennes sont parvenus à un accord pour la poursuite du programme d’armement le plus important jamais signé par Canberra, notamment sur le niveau de participation des industriels locaux. "Naval Group et le gouvernement australien ont confirmé hier avoir trouvé un accord pour qu’au moins 60% de la valeur du contrat pour les douze futurs sous-marins de classe Attack soit dépensée en Australie", souligne l’industriel dans un communiqué publié le 24 mars.
Pour sauver ce contrat estimé à 89 milliards de dollars australiens courants (57 milliards d’euros) dont une partie significative pour son groupe, Pierre-Eric Pommellet, PDG de Naval Group, a dû donner de sa personne.
Quitte à subir une quinzaine de jours en quarantaine, le dirigeant s’était rendu en février dernier à Canberra pour rencontrer de visu ses partenaires australiens. La mission était claire : rassurer le ministère de la Défense et la marine australienne dans sa capacité à tenir les engagements en termes de coûts et de délais, mais également à faire contribuer l’industrie locale à ce gigantesque chantier technologique et industriel.
Les sous-marins conventionnels les plus performants

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Suite à ces rencontres, l’accord de partenariat stratégique entre les deux parties a été amendé pour prendre en compte ce nouvel engagement. Ces sous-marins seront construits sur le modèle des derniers sous-marins Barracuda dédiés à la Marine française. "Ce seront les sous-marins conventionnels les plus avancés au monde, conçus spécifiquement pour les besoins de l’Australie", selon Naval Group. S’ils ne bénéficieront toutefois pas de la propulsion nucléaire des Barracuda, ils auront des performances en matière de discrétion acoustique largement supérieures à celles des sous-marins actuels de la classe Collins de la Royal Australian Navy.
Cet accord permet de faire retomber la tension entre le client et son fournisseur après des semaines houleuses en début d’année. A cette époque, une partie de la presse australienne avait accusé Naval Group de ne pas tenir ses engagements en termes de charge de travail auprès de l’industrie locale, mais également critiquait les surcoûts et le retards déjà pris par le programme. Des scénarios alternatifs de remplacement de Naval Group commençaient même à être échafaudés.
Première découpe de tôle en 2024
Le programme repart donc sur de nouvelles bases. Naval Group s’est engagé à faire monter en puissance l’industrie locale. "Le programme permettra également de créer une nouvelle industrie souveraine dédiée à la construction de sous-marins en Australie. La base industrielle locale ainsi renforcée permettra à l’Australie de garantir son autonomie pour cette capacité de défense critique", s’engage Pierre-Eric Pommellet, cité dans le communiqué.
Selon le maître d’œuvre industriel, la première série d’appels d’offres a cumulé un montant de près de 900 millions de dollars australiens soit environ 580 millions d’euros. A cette occasion, plus de 120 entreprises australiennes ont fait part de leur intérêt pour rejoindre le programme en tant que partenaires de premier rang.
Il faudra maintenant tenir le calendrier. Naval Group prévoit la première découpe de tôle épaisse du premier sous-marin en 2024 sur le chantier naval d’Osborne. Aujourd’hui, le programme est toujours dans une phase d’ingénierie mobilisant 450 personnes à Cherbourg (Manche) et environ 250 personnes à Adelaïde en Australie. Le chantier de construction des sous-marins doit atteindre sa pleine cadence en 2028 avec 1800 salariés mobilisés.



