“Notre objectif : donner des clés aux investisseurs pour faire les bons choix”, expliquent Clémence de Pommereau et Laurine Palix du cabinet de conseil E-Cube

Le cabinet E-Cube Strategy Consultants publie en cette Journée mondiale du recyclage un rapport sur la complexe équation du recyclage chimique des plastiques. Trois questions à Clémence de Pommereau, Associate Partner, et Laurine Palix, Manager, toutes deux co-autrices de l’étude avec le consultant Mathieu Genova.  

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Clémence de Pommereau, associate Partner, et Laurine Palix, manager chez E-Cube Strategy Consultants.

Plastiques & Caoutchoucs Magazine. : Pourquoi avoir rédigé ce rapport sur le recyclage chimique et en quoi se distingue-t-il des autres ? 

Clémence de Pommereau. : La réalisation de cette étude est une initiative propre d’E-Cube, cabinet de conseil composé d’une cinquantaine de consultants et spécialisé dans l’énergie & l’environnement, la mobilité & les infrastructures ainsi que la décarbonation. L’objectif est de mettre en avant l’expertise du cabinet dans le domaine du recyclage et d’apporter des éclairages pertinents pour les acteurs qui y sont actifs ou considèrent de s’y positionner. Aucune structure n’a commandité cette analyse neutre de l’état du marché et des stratégies d’acteurs à déployer. Dans la courbe de développement d’une technologie nouvelle, il existe immanquablement une étape de recherche et d’amélioration continue avant de parvenir à la solution optimale. Cette étape nécessite financements et soutiens, notamment pour aboutir à un bilan environnemental positif. 

Ce travail se distingue des autres car il n’explore pas les différentes technologies de recyclage chimique d’un point de vue technique ou scientifique mais ambitionne de donner des clés aux investisseurs afin qu’ils puissent identifier les éléments à prendre en compte pour faire les bons choix.  

Laurine Palix. : Il existe en outre aujourd'hui une forte actualité autour du recyclage chimique, avec notamment des projets qui ont été récemment abandonnés ou mis à l’arrêt sur le territoire hexagonal. De nombreuses questions se posent au niveau européen pour organiser une véritable filière afin d’apporter aux industriels la visibilité dont ils ont besoin pour investir et déployer leurs projets à l’échelle industrielle. L’Europe est très en avance dans l’incitation à l’intégration de recyclé et pour en faire parallèlement un facteur de réindustrialisation.  

Quelles stratégies mettre en œuvre pour réduire montants et risques des investissements nécessaires ? 

Laurine Palix. : Rappelons en préambule que, dans un environnement très concurrentiel, l’enjeu principal est la viabilité économique des projets afin, qu’à long terme, le plastique recyclé puisse être compétitif par rapport au vierge. Ce type de projet demande des phases de R&D relativement lourdes, des durées de développement longues et des coûts pour le passage au stade industriel très “Capex intensifs”. S’ajoutent à cela des risques technologiques et industriels qui les surenchérissent, les financeurs exigeant des retours sur investissement élevés pour les compenser.  

Plusieurs éléments autour de la viabilité d’un projet sont nécessaires pour réduire le risque d’investissement : sécuriser les débouchés, ce qui passe par des incitations réglementaires et des engagements volontaires des entreprises ; avoir la capacité d’aller sourcer les gisements de déchets peu ou mal adressés par les filières de recyclage mécanique ; bénéficier d’économies d’échelle ou encore améliorer l’efficacité énergétique des process. 

Clémence de Pommereau. : Ajoutons, en complément, qu’il est également possible de monter des unités plus petites et plus modulaires. Le niveau d’investissement par unité de production sera plus élevé que pour des usines plus imposantes, mais la sécurisation des financements en devient plus facile, les volumes à sécuriser étant moindres. 

Comment, par ailleurs, abaisser l’empreinte carbone des unités de recyclage chimique ? 

Clémence de Pommereau. : À notre sens, le principal levier est de réduire la consommation énergétique des filières de pyrolyse, technologie qui nécessite de très hautes températures. Des pistes existent comme la construction de vapocraqueurs électriques par exemple. Autre moyen : utiliser de l’énergie bas-carbone, ce qui implique d’ailleurs des enjeux de choix et d’accessibilité en termes géographiques. Mieux valoriser les coproduits, comme les gaz résiduaires ou le char, qui peuvent être réutilisés comme combustibles est également une stratégie intéressante. L’approche locale et la mise en œuvre de circuits courts est, enfin, plus anecdotique, ne contribuant qu’à moins de 5 % de l’impact carbone total.  

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