Nokia prévoit 247 suppressions de postes de moins qu'envisagé pour son plan social en France

Pour accompagner ses projets dans la 5G, l’équipementier finlandais des télécoms Nokia a décidé de sauver 247 des 1 233 postes qu’il envisageait de supprimer en France. Si la menace de fermeture du site de Lannion, dans les Cotes d’Armor, s’éloigne avec le projet de création d'un centre de cybersécurité, les syndicats restent sur leurs gardes.

 

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garage nokia
Paris-Saclay, site principal de Nokia en France

Nokia revoit à la baisse son plan social en France. L’équipementier finlandais des télécoms, qui compte environ 5 000 salariés dans l'hexagone, dont 3 700 au sein de l’entité Alcatel-Lucent Technologies, propose de sauver 247 emplois sur les 1 233 postes qu’il envisageait de supprimer. C’est-ce que la direction a annoncé à l’issue du CSEC ce vendredi 23 octobre 2020.

Un centre de cybersécurité de 97 personnes à Lannion

Le groupe, qui semble sortir de l’ornière avec plus de 100 contrats remportés dans la 5G, inscrit ce changement dans ses projets de développement de la 5G et de la cybersécurité, avec l’objectif de faire de sa présence en France une plateforme stratégique dans ces domaines. Il prévoit d’ailleurs de créer sur son site à Lannion, dans les Côtes d’Armor, un centre de cybersécurité de 97 personnes en 2021, complété par 15 experts sur le sujet sur son site à Paris-Saclay.

Bercy, qui a jugé le plan social initial inacceptable, applaudit. " La cyber-sécurité et la 5G font partie des priorités du plan de relance, tant pour notre souveraineté technologique que pour la création de nouveaux emplois en France, déclare Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance. Par cette annonce, Nokia semble confirmer sa volonté de privilégier en priorité la France pour ses activités de R&D. L’Etat, en lien avec les élus locaux, reste vigilant au maintien de l’activité industrielle de Nokia en Bretagne et en Ile-de-France ".

Les syndicats réclament plus

Les syndicats sont soulagés mais pas totalement satisfaits. " Bien sûr, c’est une bonne nouvelle, confie à L’Usine Nouvelle Bernard Trémulot, délégué CFDT sur le site de Lannion. Nous restons toutefois prudents et attendons de Nokia davantage d’efforts. Le développement de la 5G, du cloud ou encore de la cybersécurité dans les réseaux fait que nous avons besoin de conserver le maximum de compétences. Il ne faudrait pas que nous soyons placés dans une situation où nous ne pourrons pas livrer nos clients. Nous avons bon espoir d’abaisser encore le nombre de postes à supprimer. Nous allons faire des contre-propositions dans ce sens à la direction au prochain CSEC le 30 octobre 2020. "

Le nouveau plan de la direction vise à supprimer 986 postes : 740 à Paris-Saclay et 246 à Lannion. Sur les 247 annulations de suppression de postes, 162 concernent le site de Lannion et 85 celui de Paris Saclay. Avec le projet de création d’un centre de cybersécurité à Lannion, la menace de fermeture de ce site breton, qui emploie aujourd’hui 800 personnes, contre 2 900 à Paris-Saclay, s’éloigne.

Besoin d'un plan de formation

"Les projets dans la 5G sont essentiels pour Nokia, souligne Bernard Trémulot. Ce serait aberrant de fermer Lannion. Mais connaissant bien Nokia, nous restons sur nos gardes. Nokia vient de fermer le site de Manille, aux Philippines, qui comptait 800 personnes. Nous ne nous faisons pas d’illusions sur le futur. La menace de fermeture de Lannion n’est pas complètement écartée. "

Avec le projet de création du centre de cybersécurité à Lannion, s’ouvre la perspective de reclassement de collaborateurs dont les postes vont être supprimés. "A ce stade, nous ne savons pas combien de personnes peuvent être reclassées, sachant que des recrutements extérieurs sont prévus pour ce projet, indique le délégué CFDT. Nous avons aujourd’hui des experts en réseaux et des experts en cybersécurité qui peuvent être reclassés dans le futur centre de cybersécurité. A condition de les aider avec un plan adapté de formation. "

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