Chronique

[Mobil'Idées] L’électronique de puissance, cet autre enjeu dans la course à la voiture électrique

Dans la chronique Mobil'Idées, on passe en revue ce qui fait bouger les transports. Cette semaine, on s’intéresse à l’électronique de puissance, un autre enjeu pour l’industrie automobile française au-delà de la maîtrise de la production des batteries.

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Recharge véhicule électrique
Selon la PFA, la France pourrait créer plus de 4 000 emplois dans la R&D et la production automobiles autour de l'électronique de puissance.

Automotive cell company (ACC), Verkor, Renault… Acteurs historiques de l’industrie automobile et nouveaux entrants travaillent tous à la création de gigafactories pour permettre à la France de maîtriser l’un des composants clé des véhicules électriques et hybrides : les batteries. Mais le tissu industriel tricolore a tout intérêt à se positionner sur un autre domaine d’importance dans la mobilité de demain : l’électronique de puissance.

Comme dans les téléphones, l’électronique de puissance intervient dans la conversion et le contrôle de l’énergie au sein de plusieurs composants des voitures hybrides et à batteries : le chargeur, l’onduleur de traction, le convertisseur DC/DC pour le réseau de bord ou encore le système de gestion de la batterie. Par la voix de son directeur de programme Rémi Bastien, la Plateforme automobile (PFA) estime que l'électronique de puissance est un "champ de valeur structurant qui représente entre 300 et 1 000 euros par voiture" en fonction des performances attendues.

On est bien évidemment très loin de la valeur des batteries. Celles-ci représentent plusieurs milliers d’euros par véhicule, même si la baisse des coûts est bel et bien engagée sur ces composants – en 2020, le prix moyen d’un pack batterie a atteint 137 dollars du kilowattheure selon BloombergNEF, soit un peu plus de 115 euros, contre 668 dollars en 2013, l’équivalent de 560 euros.

Plus de 8 000 emplois en France

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Reste que si la France parvenait à capter 25 % du marché européen de l’électronique de puissance en 2030, elle pourrait créer plus de 4 000 emplois dans la R&D et la production automobiles, et "au moins autant sur la filière électronique", promet Rémi Bastien. Un potentiel de création d’emplois à ne pas négliger, au moment où 15 000 postes sont menacés de disparition dans la seule filière diesel en France. Sans oublier l’impact de la Covid-19. D’après les représentants du secteur automobile, l’épidémie pourrait mettre en péril environ 60 000 emplois dans l’Hexagone.

D’où le rapprochement entre les secteurs automobile et électronique pour créer une filière tricolore capable de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électronique de puissance. Côté auto, Valeo, Renault et l’équipementier allemand Vitesco Technologies – ex-division Powertrain de Continental qui possède plusieurs sites en France – travaillent déjà sur l’électronique de puissance, aux côtés du géant franco-italien STMicroelectronics. Une première étape encourageante pour une industrie automobile française engagée dans une transition à hauts risques.  

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