Bibendum accuse le coup. Dans un contexte de pandémie mondiale, Michelin qui publiait ce lundi 15 février ses résultats financiers annuels 2020, a annoncé des ventes à 20 milliards d’euros, en recul de 15 %, et publie un résultat opérationnel de 1,9 milliard d'euros, en baisse de 37 % par rapport à 2019. "Nous n’avions pas enregistré un tel recul depuis la crise de 2008. Les neuf premiers mois de l’année ont été particulièrement violents", confie Yves Chapot, directeur financier et gérant de Michelin, à l’Usine Nouvelle.
"Mais tout n’est pas noir! Nous conservons une marge de 2% et un cash-flow de 2 milliards d’euros ce qui prouve la solidité du groupe dans cette crise mondiale sans précédent". Malgré ce contexte très défavorable, le groupe a quand même réussi à dégager un bénéfice net de 625 millions d'euros en 2020, même s’il chute de 64 % par rapport à 2019 ! "Notre capacité de résilience s’est manifestée une fois encore", se réjouit Yves Chapot. Sur la base de ces résultats, la direction propose un dividende par action à 2,30 euros, légèrement en hausse par rapport aux 2 euros consentis pour 2019 (initialement prévu à 3,85 euros par action, le dividende avait été réduit en raison de la crise sanitaire).
Pas de retour à la normale avant 2022
La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement prises par les gouvernements de la plupart des pays ont entraîné un ralentissement de l’activité économique historique au cours du premier semestre, ce qui a conduit à une chute brutale de la demande de pneumatiques touchant toutes les géographies et la plupart des activités. Mais Michelin préfère voir le verre à moitié plein. "Le deuxième semestre a été marqué par le retour rapide de la demande mondiale à des niveaux proches voire supérieurs à ceux de 2019 pour certains segments d’activité. Cette dynamique positive, initiée dès le troisième trimestre, a été amplifiée au quatrième trimestre".

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Pourtant, l’avenir s’annonce encore très incertain. "Même si nous tablons sur une hausse du marché de 10 à 20 % pour 2021, nous savons que nous ne retrouverons pas notre niveau de 2019 avant 2022", poursuit Yves Chapot. Ainsi, en 2021, l’équipementier français table sur des marchés tourisme-camionnette qui "devraient afficher une hausse comprise entre 6 % et 10 % sur l’année". Les marché poids lourd devraient afficher "une reprise entre 4 % et 8 %". Les "activités de spécialités pourraient être une hausse comprise entre 8 % et 12 %".
Quel impact sur l’emploi ?
Florent Ménégaux, président de Michelin, a profité de l’annonce des résultats pour rappeler les choix stratégiques d’avenir du groupe : "continuer d’orienter la production vers les pneus haut de gamme et de spécialité, tout en accélérant le développement dans les matériaux de haute technologie et les offres de services & solutions." Bibendum va donc poursuivre sa politique de diversification dans les nouveaux domaines comme l'impression 3D métal, l'hydrogène, et plus récemment dans de nouvelles technologies de recyclage. Michelin annonçait par exemple, le 9 février, la construction en coentreprise avec la société suédoise Enviro, d’une première usine de recyclage de pneus au Chili destinés aux pneus génie civil. "Le pneumatique va rester notre cœur de métier, mais nous allons accélérer nos investissements dans les énergies durables", promet Yves Chapot.
Enfin, l’année 2020 restera marquée par un fort écrémage des effectifs du groupe, notamment en Europe. Le plan Simply, annoncé fin 2020 et visant la suppression de 2 300 postes "sans aucun licenciement » en France, est venu s’ajouter à la fermeture des sites de La Roche-sur-Yon, Dundee (Ecosse) et Bamberg (Allemagne) et devraient permettre de « gagner en compétitivité". La crise du Covid aura-t-elle, à son tour, un impact sur l’emploi au sein de la Manufacture ? A ce sujet, Yves Chapot s’est voulu rassurant : "Nous allons appliquer notre plan de départs volontaires en France au cours des trois prochaines années. Il n’y aura pas de nouvelles annonces".



