Depuis plusieurs jours, le secteur du transport aérien multiplie les appels à l’aide pour faire face à l’épidémie de coronavirus Covid-19. Mardi 17 mars, l’Association du transport aérien international (IATA) a mis en garde contre un autre risque : l’impact des mesures de confinement sur le fret aérien. Selon l’IATA, l’approvisionnement en équipements médicaux dépend de ces livraisons par avion.
185 000 vols supprimés depuis janvier
L’IATA s’attendait à une baisse du trafic liée à la crise sanitaire. Mais l’association n’avait pas prévu une fermeture des frontières comme aux États-Unis et en Europe. Lundi 16 mars, le président français Emmanuel Macron a annoncé la suspension pendant 30 jours de tous les voyages entre les pays non européens et l’Union européenne.
Ces restrictions ont entraîné la suppression de 185 000 vols de passagers depuis fin janvier selon l’association qui représente 290 compagnies aériennes pour 82 % du trafic aérien mondial. Indirectement, ces annulations de vol freinent aussi le fret aérien.

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“Une partie vitale de la capacité du fret a disparu”
Une grande partie des marchandises qui transitent par les airs ne sont pas transportées dans des avions-cargos mais dans des avions commerciaux traditionnels. Selon l’entreprise américaine Flexport, citée par Wired, les avions commerciaux représenteraient 80 % des capacités de fret aérien sur les lignes transatlantiques. Entre la Chine et les États-Unis, cette proportion s’élève entre 40 et 50 %.
“Une partie vitale de la capacité du fret a disparu, au moment où l’on en a le plus besoin pour combattre le Covid-19, s’inquiète dans un communiqué Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA. La flotte mondiale d’avions-cargos a été mobilisée pour compenser cette baisse de capacité.“ Malgré cette mobilisation, la crise sanitaire se traduit par une réduction de l’approvisionnement et une forte augmentation des coûts de livraison.
Le fret aérien “un partenaire vital pour livrer les médicaments”
Les compagnies aériennes ne constituent pas les seules victimes de cette situation. Selon l’IATA, le ralentissement des livraisons par avion pourrait aussi pénaliser le fonctionnement des hôpitaux. “Depuis le début de la crise, le secteur du fret aérien a été un partenaire vital pour livrer les médicaments [et] les équipements médicaux indispensables (et notamment les pièces de rechange et les composantes)”, estime l’association.
L’économiste en chef de l’IATA, Brian Pearce, a identifié d’autres secteurs qui pourraient pâtir de ces effets lors d'une conférence téléphonique. Selon lui, la Chine représente en effet 30 à 40 % des activités de fabrication dans le monde : “Le fret aérien est aussi très important pour les industries électronique et automobile. Beaucoup d’entreprises dans ces secteurs comme les fabricants d’ordinateurs dépendent de la Chine pour leur chaîne d’approvisionnement.” Alexandre de Juniac ajoute que le fret aérien sert également au transport d’aliments et des produits périssables.
Pour soulager le fret aérien, l’IATA appelle les gouvernements à mettre en place différentes mesures : exclure les opérations de transport de fret des restrictions de voyages ou encore exempter les membres d’équipage du fret qui ne sont pas en contact avec le public des périodes de quarantaine de 14 jours. “Maintenir le trafic de fret va sauver des vies”, argumente le directeur général de l’IATA.
Les compagnies aériennes face à un manque de liquidités
L’économiste en chef de l’IATA estime que 75 % des opérateurs ont moins de trois mois de liquidités pour financer des coûts fixes non évitables. Brian Pearce estime aussi que les marchés concernés par la pandémie représentent désormais 94 % des ventes mondiales pour les avions commerciaux.
Début mars, l’IATA estimait que la crise sanitaire entraînerait jusqu’à 113 milliards de dollars de pertes financières pour les compagnies aériennes (environ 100 milliards d’euros). Un seuil qui devrait être largement dépassé avec le risque de faillites chez de nombreuses compagnies aériennes. “Sans aucun doute, [cette estimation] est trop basse, estime Brian Pearce. Nous nous attendions à ce que les compagnies aériennes soient confrontées à une baisse de la demande similaire à ce qu’il s’est passé en Chine, pas à une fermeture des frontières.”



