[La data du jour] Que représente le marché américain pour les compagnies aériennes françaises ?

Le secteur aérien continue d'évaluer ses pertes dans la crise du coronavirus Covid-19. Avant la fermeture des États-Unis aux voyageurs européens le 14 mars, l'Association du transport aérien international (IATA) évalue l'importance de ce marché.

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Airbus A350 Air France
Un Airbus A350 opéré par Air France.

L’annonce a accentué la panique sur les places boursières du monde entier. Sans surprise, le secteur aérien va être le plus touché. À partir de samedi 14 mars, les États-Unis ferment leurs portes aux voyageurs européens pour endiguer la propagation du coronavirus Covid-19. L’Association du transport aérien international (IATA) a évalué l’impact de cette mesure inattendue pour les compagnies aériennes françaises et européennes.

La France, deuxième pays le plus exposé financièrement aux États-Unis

L’IATA représente environ 290 compagnies aériennes qui assurent 82 % du trafic aérien mondial. Parmi les 26 pays de l’espace Schengen, la France fait partie des plus exposés au marché américain selon l’association. En 2019, les vols vers les États-Unis ont représenté 5,2 % dans le trafic “origine-destination” total de la France. Seuls les Pays-Bas (6,5 %) et l’Islande (17,1 %) sont plus exposés au marché américain dans l’espace Schengen.

En termes financiers, la France serait le deuxième pays le plus touché par les mesures américaines. En 2019, les voyages aériens entre les États-Unis et la France représentaient 3,12 milliards d’euros, derrière l’Allemagne (3,57 milliards d’euros) et devant l’Italie (2,59 milliards d’euros). “La valeur totale du marché entre les États-Unis et l’espace Schengen était de 20,6 milliards de dollars [18,39 milliards d’euros] en 2019”, indique l’IATA.

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Le cas d’Air France-KLM illustre bien ces difficultés. Vendredi 13 mars, la compagnie aérienne franco-néerlandaise a annoncé avoir “tiré une ligne de crédit renouvelable” pour un montant total de 1,1 milliard d’euros pour affronter les conséquences de la pandémie.

Le scénario de L’IATA “ne prévoyait pas des mesures aussi sévères”

Le 5 mars, l’association avait déjà publié un rapport sur les conséquences potentielles de l’épidémie de Covid-19 sur le secteur aérien. Elle évoquait ainsi des pertes financières allant jusqu’à 113 milliards de dollars. “Ce scénario ne prévoyait pas des mesures aussi sévères que celles mises en place depuis par les États-Unis et d’autres gouvernements (dont Israël, le Koweït et l’Espagne)”, prévient l’IATA.

“Les dimensions du marché États-Unis-Europe sont énormes”, décrit l’association. Selon elle, 550 vols chaque jour ont relié les États-Unis à l’espace Schengen en 2019, soit 125 000 voyageurs quotidiens.

L’IATA demande des “mesures d’urgence”

Une nouvelle fois, l’IATA demande aux gouvernements des “mesures d’urgence” pour faire face à la crise sanitaire : flexibilité temporaire dans l’application des règlements sur les droits des passagers, report des paiements de taxes, réductions de coûts et de redevances des aéroports et des fournisseurs de services de navigation aérienne...

“En temps normal, le transport aérien est un catalyseur de la croissance et du développement économiques. L’interruption des voyages à une si large échelle va entraîner des conséquences négatives dans l’ensemble de l’économie”, justifie Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA.

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