Les premiers satellites de Kuiper lancés, Amazon au défi de rattraper SpaceX et OneWeb

Après plusieurs reports, Amazon est parvenu à lancer les premiers satellites de sa constellation Kuiper lundi 28 avril. Elle vise à proposer des connexions internet très haut débit, pour les professionnels et les particuliers. Le géant de l’e-commerce va désormais devoir rattraper son retard par rapport à des concurrents plus avancés, l’américain SpaceX et l’européen OneWeb.

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Amazon Project Kuiper To Launch First Production Satellites Into Orbit
Maintes fois reporté, l'envoi en orbite des premiers satellites de la constellation Kuiper d'Amazon a eu lieu lundi 28 avril.

Le géant de l’e-commerce vient de réussir ses premières livraisons dans l’espace. Et elles sont stratégiques : Amazon est parvenu à lancer, lundi 28 avril, les 27 premiers satellites de sa constellation Kuiper. Des engins envoyés vers une orbite de 450 km depuis la base de Cap Canaveral, en Floride, grâce à la fusée Atlas V du groupe United Launch Alliance (ULA), co-entreprise entre les américains Boeing et Lockheed Martin. L’entreprise du milliardaire Jeff Bezos a l’ambition de former une constellation de satellites capables de diffuser de l’internet très haut débit. Mais il va falloir mettre les bouchés doubles pour rattraper ses concurrents.

Jeff Bezos s’est largement fait distancer par son rival américain, Elon Musk, un autre milliardaire lui-aussi mordu d’espace. Tous deux sont investis dans le domaine spatial depuis le début des années 2000 et misent sur le développement de fusées réutilisables et les constellations de satellites en orbite basse. Mais alors que Kuiper vient de mettre en orbite ses premiers satellites avec un an de retard, SpaceX assurait quelques heures auparavant le 250e lancement de ses propres appareils, portant à plus de 7100 le nombre d’engins déjà en opération pour sa constellation Starlink. Et quand le premier vise à terme une constellation de 3236 satellites (situés entre 590 et 640 km d’altitude), le second mise sur 12000, voire 42000 satellites (situés entre 340 et 550 km d’altitude).

SpaceX et OneWeb sur les rangs

Surtout, tandis que Starlink propose des services de connectivité depuis près de cinq ans, affichant quelque 5 millions de clients, Kuiper promet de fournir ses premiers services «plus tard dans l’année», comme il l’indique dans un communiqué. Amazon devrait confirmer dans les prochains jours le contact entre ses premiers satellites et son centre d'opérations à Redmond (Washington). Le projet de Jeff Bezos, lancé en 2019 avec un budget de 10 milliards de dollars, est de toute façon contraint à devoir aller vite : l’entreprise est tenue par la Commission fédérale des communications (FCC) de déployer la moitié de la constellation – soit 1618 satellites – d’ici la mi-2026, même si un délai pourrait sans doute lui être accordé.

Autre concurrent pour Kuiper : la constellation OneWeb, portée par l’européen Eutelsat, qui compte pour l’heure quelque 660 satellites en opération à 1200 km d'altitude. Son objectif, partagé avec Amazon, est d'avoir déployé la totalité de sa constellation en 2028. Lui reste 300 satellites à mettre en orbite d'ici là. 

Une approche industrielle ultra intégrée

Pour rattraper son retard, Amazon assure avoir déjà sécurisé quelque 80 lancements. Au cours des prochaines années, ULA procédera à sept lancements supplémentaires pour les besoins de Kuiper, via la fusée Atlas V. Devraient suivre un total de 38 lancements avec un plus grand lanceur de la co-entreprise, la fusée Vulcan Centaur. Plus de 30 lancements supplémentaires sont également prévus avec d’autres fournisseurs de services de lancement, Arianespace (avec Ariane 6), Blue Origin (avec New Glenn), appartenant également à Jeff Bezos, mais aussi son rival direct, SpaceX (avec Falcon 9).

Au-delà des seules capacités de lancement, Amazon espère mettre à profit un modèle industriel très intégré, à l’instar de celui de SpaceX, dédié à la production aux fusées et aux satellites. Dans son usine géante de Cap Canaveral en Floride, la société de Jeff Bezos peut fabriquer parallèlement jusqu’à quatre exemplaires de son lanceur, dont la plupart des éléments sont produits sur place. Quant aux moteurs, leur fabrication est assurée dans l’usine de Huntsville, en Alabama. Le milliardaire s’est ingénié à industrialisés au maximum les procédés de production. Et si Amazon est en retard par rapport à SpaceX et Oneweb, l’entreprise peut compter sur de nombreux clients qui pourraient très vite bénéficier de ses services spatiaux, dont les 5 millions d’utilisateurs du service de cloud AWS.

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